Histoire du musée de la mer : Traditions et pêches artisanales

A Biarritz, on a toujours vécu avec la mer. Même si la pêche n’y a pas connu le même développement qu’à Saint-Jean-de-Luz ou Hendaye, faute d’un port assez grand, elle a pendant très longtemps fait partie de la vie des Biarrots. Différentes sortes de turluttesPêche à pied, pêche à la sardine et petite pêche artisanale leur ont permis de vivre, et sont fortement ancrées dans les traditions.

On trouve au Musée de la Mer une multitude d’objets témoins de ces activités. Engins de pêche, bien sûr, mais aussi des maquettes, des gravures et photos, des vêtements, et tous ces ustensiles quotidiens, témoins d’un mode de vie révolu. Patinés par une longue utilisation, ils ont le charme de l’ancien temps et, pour peu qu’on laisse aller son imagination, un formidable pouvoir d’évocation…

 


Turluttes et Chipirons

Petit matin en ce début septembre. La mer est calme. Seule une légère houle fait se dandiner la barque.Un pikatchou Après avoir mouillé son « pikatchou », ancre rudimentaire Des foënes aux utilités variées.en bois de châtaigner lestée d’une lourde pierre, il observe le ciel, la couleur de l’eau, puis choisit une turlutte parmi toutes celles qu’il a fabriquées avec amour. Il l’accroche sur une ligne en crin de cheval tressé, puis la descend d’un geste précis, jusqu’à la profondeur convenable.

Commence alors la longue attente, tandis que la main, d ’un mouvement automatique, agite le leurre de mouvements saccadés.

Si les chipirons, ces petits calmars à l’origine de tant de recettes délicieuses, ne sont pas au rendez-vous, il ramera vers le bord pour tenter de capturer crabes et crevettes avec sa balance appâtée d’une tête de sardine…

Point jaune sur la grève

Malgré les bourrasques d’équinoxe, l’homme est sur la grève, lointain point jaune parmi les roches sombres. Equipé de son lourd vêtement de toile huilée, portant en guise de bottes de gros sabots prolongés d’une tige en cuir, il progresse d’un pas incertain vers la mer grondante. Il doit absolument relever le petit casier qu’il a placé à la marée précédente. Ensuite, armé de la grande foëne en fer forgé qu’il utilise pour l’instant comme une canne dans les passages difficiles, il profitera de l’étale de basse mer pour rechercher poulpes et congres. Si la chance lui sourit, il rapportera chez lui de quoi manger aujourd’hui, et peut-être même quelques prises supplémentaires qu’il pourra vendre sur le port…

Sardines et paniers

Les rameurs ont donné leur dernier effort, la traînière est rentrée au port. La journée de pêche à la bolinche a été dure, mais les sardines étaient au rendez-vous. Ereintés mais souriants, les hommes grimpent sur le quai, portant à la main les paniers multicolores dans lesquels ils gardent repas et affaires personnelles à l’abri des embruns. Les femmes sont là pour les accueillir. Elles déversent les sardines dans de larges panières plates qu’elles placeront en équilibre sur leur chignon. Dans un deuxième panier porté sous le bras, elles mettent également des anchois et quelques chinchards. Elles parcourront ensuite tout Biarritz pour vendre les prises du jour, en criant « Chardi’n frais ! Anchoa friaou ! »…

C'est dans un panier imperméabilisé que le pêcheur emportait ses affaires à bord.

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