Histoire du musée de la mer : Les techniques de pêche

•	La pêche côtière artisanale est un métier qui disparaît progressivement.Tout au long des côtes de France, il existe plus de quarante manières de pêcher. Chaque pêche nécessite un équipement spécifique, et les techniques offrent une variété considérable, en évolution et perfectionnements permanents. On distingue souvent les « arts dormants » (filets calés ou dérivants, casiers) des « arts traînants » (drague, chalut, senne).

Pour la pêche artisanale ou côtière, la plus diversifiée, les bateaux sont généralement de taille modeste, et emploient tous les types d’engins. Les sorties durent de quelques heures à une semaine. La pêche industrielle ou hauturière fait appel à des chalutiers de 30 à 50 mètres, dont certains traitent et congèlent le poisson à bord ; ils partent pour 10 à 15 jours, et fournissent l’essentiel de la pêche française. La grande pêche est pratiquée dans des mers lointaines ; les campagnes durent souvent plusieurs mois.•	La palangre de fond est une ligne mouillée sur le fond. Il existe aussi des palangres flottantes

Engins de pêche côtière

Les pêcheurs côtiers peuvent utiliser à peu près toutes les techniques existantes, mais certaines leur sont plus spécifiques.

La drague est une poche de mailles d’acier et de nylon, dont le bord d’attaque est garni de dents qui grattent le fond. On la traîne sur les fonds meubles pour ramasser des bivalves, coquilles Saint-Jacques surtout.

Les casiers, naguère tout en bois, aujourd’hui en plastique, sont utilisés tout au long du littoral, où on les dispose près des zones rocheuses. Les appâts (morceaux de poisson) attirent les homards, les langoustes, crabes et araignées de mer, qui s’y trouvent piégés.

•	Les filets droits sont en général mouillés verticalement sur le fond. Les grands filets dérivants de la pêche industrielle fonctionnent sur le même principe, mais flottent en surface.Les lignes de traîne permettent de traquer maquereaux, bars et autres prédateurs voraces. Selon les espèces recherchées, elles sont traînées en surface ou entre deux eaux, et garnies de leurres ou d’appâts naturels.

Les palangres sont de longues lignes (de quelques dizaines de mètres à plusieurs kilomètres) sur lesquelles sont fixées des lignes secondaires ou avançons, munies d’hameçons garnis de morceaux de poisson. Elles peuvent être mouillées au fond, ou bien dériver en surface ; ces palangres dérivantes sont généralement utilisées pour la pêche en pleine mer.

Les filets maillants sont de longues nappes de filet qui reposent verticalement sur le fond. La dimension des mailles est calculée pour que le poisson, coincé à l’avant du corps, soit retenu par les ouïes. La grosseur du fil, sa couleur, la hauteur et le montage du filet sont adaptés à chaque pêche et à chaque espèce.

Une forme très particulière, le filet trémail (ou tramail), est très utilisée : elle est composée de deux nappes de filet à grandes mailles enserrant une nappe à petites mailles. Après avoir traversé la maille externe, le poisson s’empêtre dans le filet interne.•	La pêche à la senne de plage, où l’on ramène au rivage un filet en demi-cercle, n’est pratiquement plus pratiquée de nos jours

Les filets maillants dérivants, maintenus en surface par de gros flotteurs, étaient utilisés pour la pêche du hareng en mer du Nord. De nos jours, cette technique a été perfectionnée pour la pêche au thon dans les mers tropicales ; ces immenses filets pélagiques sont très controversés, car ils capturent également des tortues de mer et des Cétacés.

La senne : de l’artisanat à l’industrie 

•	La senne tournante est d’abord déployée en cercle, puis refermée par le bas avant d’être remontée à bord.La senne est une nappe de filet utilisée pour encercler ou rabattre les poissons ; elle est maintenue verticale par une ralingue lestée, et une autre garnie de flotteurs.

La senne de plage, qui est déployée en arc de cercle, puis halée sur la grève, en est la forme la plus ancienne : elle était déjà utilisée par les Egyptiens il y a près de 5 000 ans.

Plus récente, la bolinche est une senne manœuvrée à partir d’un bateau. Autrefois largement utilisée par les Basques pour la pêche à la sardine et à l’anchois, elle ne sert plus guère qu’à capturer le vif pour la pêche du thon à la canne.

Dernière apparue, la senne tournante coulissante est munie d’une coulisse à la partie inférieure, qui permet d’en fermer le fond. Souvent considérée comme une invention américaine du début du XIXème siècle, elle aurait pour origine le « coulisseau » utilisé par les traînières basques dès le milieu du XVIIIème.

Manœuvrées par des bateaux très rapides qui dépassent souvent les 50 mètres, ces sennes atteignent de nos jours des proportions gigantesques : plus de 250 m de chute, et jusqu’à 10 ou 20 hectares de surface totale ! Aidées par les perfectionnements de l’électronique et de la détection sous-marine, elles sont l’outil d’une pêche industrielle de grande envergure aux poissons pélagiques : thons, maquereaux, sardines, anchois…

Le chalut : l’outil du XXème siècle

•	Maintenu ouvert verticalement par des flotteurs, horizontalement par des panneaux divergents, le chalut est traîné sur le fond.Le chalut est un filet cônique tiré par des câbles d’acier, les funes. L’ouverture verticale est maintenue par des flotteurs, tandis que l’ouverture horizontale est due à l’action de panneaux divergents qui écartent les « ailes » du chalut (destinées à rabattre le poisson dans la poche proprement dite). Ce type de pêche assure maintenant plus de la moitié des captures mondiales, et concerne les bateaux de pêche artisanale tout autant que les grosses unités modernes.

Le chalutage était à l’origine pratiqué sur le fond, mais on rencontre de plus en plus de chalutiers pélagiques, capables de capturer des espèces évoluant en pleine eau (merlu, cabillaud, sardine, anchois…). De grande taille (jusqu’à 40 m d’ouverture verticale !), ils ont un pouvoir de capture considérable, et sont par ailleurs étonnamment maniables, ce qui