| Histoire du musée de la mer : Les techniques de pêche |
Pour la pêche artisanale ou côtière, la plus diversifiée,
les bateaux sont généralement de taille modeste, et emploient tous les types
d’engins. Les sorties durent de quelques heures à une semaine. La pêche industrielle
ou hauturière fait appel à des chalutiers de 30 à 50 mètres, dont certains
traitent et congèlent le poisson à bord ; ils partent pour 10 à 15 jours,
et fournissent l’essentiel de la pêche française. La grande pêche est pratiquée
dans des mers lointaines ; les campagnes durent souvent plusieurs mois. Engins de pêche côtière Les pêcheurs côtiers peuvent utiliser à peu près toutes les techniques existantes, mais certaines leur sont plus spécifiques. La drague est une poche de mailles d’acier et de nylon, dont le bord d’attaque est garni de dents qui grattent le fond. On la traîne sur les fonds meubles pour ramasser des bivalves, coquilles Saint-Jacques surtout. Les casiers, naguère tout en bois, aujourd’hui en plastique, sont utilisés tout au long du littoral, où on les dispose près des zones rocheuses. Les appâts (morceaux de poisson) attirent les homards, les langoustes, crabes et araignées de mer, qui s’y trouvent piégés. Les palangres sont de longues lignes (de quelques dizaines de mètres à plusieurs kilomètres) sur lesquelles sont fixées des lignes secondaires ou avançons, munies d’hameçons garnis de morceaux de poisson. Elles peuvent être mouillées au fond, ou bien dériver en surface ; ces palangres dérivantes sont généralement utilisées pour la pêche en pleine mer. Les filets maillants sont de longues nappes de filet qui reposent verticalement sur le fond. La dimension des mailles est calculée pour que le poisson, coincé à l’avant du corps, soit retenu par les ouïes. La grosseur du fil, sa couleur, la hauteur et le montage du filet sont adaptés à chaque pêche et à chaque espèce. Une forme très particulière, le filet trémail (ou tramail),
est très utilisée : elle est composée de deux nappes de filet à grandes
mailles enserrant une nappe à petites mailles. Après avoir traversé la maille
externe, le poisson s’empêtre dans le filet interne. Les filets maillants dérivants, maintenus en surface par de gros flotteurs, étaient utilisés pour la pêche du hareng en mer du Nord. De nos jours, cette technique a été perfectionnée pour la pêche au thon dans les mers tropicales ; ces immenses filets pélagiques sont très controversés, car ils capturent également des tortues de mer et des Cétacés. La senne : de l’artisanat à l’industrie La senne de plage, qui est déployée en arc de cercle, puis halée sur la grève, en est la forme la plus ancienne : elle était déjà utilisée par les Egyptiens il y a près de 5 000 ans. Plus récente, la bolinche est une senne manœuvrée à partir d’un bateau. Autrefois largement utilisée par les Basques pour la pêche à la sardine et à l’anchois, elle ne sert plus guère qu’à capturer le vif pour la pêche du thon à la canne. Dernière apparue, la senne tournante coulissante est munie d’une coulisse à la partie inférieure, qui permet d’en fermer le fond. Souvent considérée comme une invention américaine du début du XIXème siècle, elle aurait pour origine le « coulisseau » utilisé par les traînières basques dès le milieu du XVIIIème. Manœuvrées par des bateaux très rapides qui dépassent souvent les 50 mètres, ces sennes atteignent de nos jours des proportions gigantesques : plus de 250 m de chute, et jusqu’à 10 ou 20 hectares de surface totale ! Aidées par les perfectionnements de l’électronique et de la détection sous-marine, elles sont l’outil d’une pêche industrielle de grande envergure aux poissons pélagiques : thons, maquereaux, sardines, anchois… Le chalut : l’outil du XXème siècle Le chalutage était à l’origine pratiqué sur le fond, mais on rencontre de plus en plus de chalutiers pélagiques, capables de capturer des espèces évoluant en pleine eau (merlu, cabillaud, sardine, anchois…). De grande taille (jusqu’à 40 m d’ouverture verticale !), ils ont un pouvoir de capture considérable, et sont par ailleurs étonnamment maniables, ce qui |