Histoire du musée de la mer : Pourquoi un musée à Biarritz ?

Né en 1933 du vent de modernisme scientifique qui soufflait alors, le Musée de la Mer a été rénové en 1992, redevenant un établissement moderne pour son époque. Mais il a su ne pas perdre son âme…

Retrouvez, outre l’historique de sa création, les collections anciennes et la personnalité architecturale qui ont depuis toujours participé à son succès.

Biarritz nichée au creux du golfe de Gascogne, port de pêche dont la notoriété s’était établie dans le domaine de la chasse à la baleine, entre le XIIIème et le XVIIIème siècles, devenue une célèbre station balnéaire dès le Second Empire, se devait de posséder dans ses murs un établissement consacré à l’étude de l’océan et de sa faune.façade art déco du Musée de la Mer

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, l’Europe est animée par un air scientifique, et le Marquis Léopold de Folin, naturaliste autodidacte, persuade son entourage que « l’étude du fond des mers peut être commencée sans dépenses excessives, par le bon vouloir des marins et des amis de la Science ».
Capitaine du Port de Bayonne, avec l’aide de collègues officiers de marine, il récupère plus de 2000 échantillons entre 1864 et 1869, et réalise plus de 200 dragages et prélèvements dans le golfe de Gascogne à bord de la pinasse à rame d’un pêcheur. Dans le même temps il convainc les autorités françaises de l’intérêt de l’exploration des fonds sous-marins, et il peut ainsi lancer de 1881 à 1883 les premières campagnes océanographiques françaises à bord du « Travailleur » (modeste aviso à roues) et du « Talisman » (escorteur d’escadre long de 70 mètres).

Au vu de ces campagnes, il confirme l’existence des grands fonds dans le golfe de Gascogne et d’une faune particulière. Biarritz lui paraît être la base idéale pour la poursuite de l’étude des fonds marins.
 C’est ainsi que le 7 avril 1883, le Marquis de Folin et d’autres personnalités intéressées par les sciences de la mer, jetèrent les bases d’une Association pour l’encouragement des Sciences et des Arts en vue de la création d’un laboratoire de zoologie maritime.

Cependant, malgré ces débuts prometteurs, il faudra attendre près de 30 ans , pour que la municipalité de Biarritz conduite par Joseph Petit, envisage la création d’un Institut ou Musée Océanographique à Biarritz.

C’est ainsi qu’il est convenu d’adosser un bâtiment dédié à l’Océanographie, au plateau de l’Atalaye, face au Rocher de la Vierge. Dans ce projet, un aquarium était prévu en sous-sol et au rez-de-chaussée, une salle devait recevoir les collections, une autre devait être réservée aux vieux souvenirs de Biarritz.

La première pierre de l’aquarium de l’Institut Océanographique fut posée sur l’esplanade du Rocher de la Vierge le 20 septembre 1925.

Mais ce n’est que le 22 juillet 1930, que le Conseil, approuva les termes du projet de concours pour la construction d’un Musée Océanographique et d’un Aquarium à l’esplanade du Rocher de la Vierge.

Histoire d’une naissance

Ce Musée de la Mer, érigé à Biarritz, des hommes l’ont ardemment désiré. Dans la salle de Folin, vous découvrirez l’historique de cette création, et comprendrez comment elle s’inscrivait logiquement dans une époque d’intense développement scientifique.

Un patrimoine architectural respecté

La rénovation du Musée lui a apporté une ambiance claire et moderne, mais a su lui garder sa personnalité. En témoigne un certain nombre de points forts, esthétiques ou architecturaux, qui ont été conservés ou réhabilités : la fontaine de Cazaux, la grande cage d’escaliers, la fresque au poulpe derrière le scaphandrier, la présentation des Cétacés dans la grande salle centrale, la réouverture des fenêtres en niveau 2… Sans compter la façade et l’architecture extérieure, presque inchangées malgré des travaux de réfection considérables.

Plaisir nostalgique

La fresque de Sauvage souligne le caractère puissamment mystérieux du poulpe, symbole du Musée de la Mer.Par l’importance de ses collections anciennes, le Musée de la Mer séduisait les nostalgiques, amateurs d’objets curieux ou chargés d’histoire. La salle Delord, la salle de Folin et les vitrines d’ethnologie maritime en particulier ont gardé cet esprit, et vous permettent de découvrir des objets, vêtements, outils, œuvres d’art, qui sont autant de témoignages émouvants d’un passé révolu.







Un musée de la mer à Biarritz

Aboutissement des efforts et des rêves de quelques visionnaires, le Musée de la Mer de Biarritz, érigé en 1933, est aussi un témoin de la passion scientifique de l’époque.La naissance du Musée de la Mer de Biarritz est le fruit - et le reflet – d’une époque où l’on commençait tout juste à découvrir le monde fascinant des océans ; c’est l’une des premières manifestations, pour le grand public, de l’océanographie naissante. Aboutissement des efforts et des rêves de quelques visionnaires, le Musée de la Mer de Biarritz, érigé en 1933, est aussi un témoin de la passion scientifique de l’époque.Si les anciens, Pline ou Aristote, se sont intéressés de près à la vie marine, ce n’est qu’au XVIIIème siècle que quelques précurseurs cherchèrent à comprendre et décrire précisément le monde vivant. Au siècle suivant commencèrent les grandes expéditions scientifiques à travers le monde, dont la croisière du « Beagle », qui permit à Darwin d’échafauder sa fameuse théorie de l’évolution. Mais ce n’est que dans la deuxième moitié du XIXème que commença réellement l’étude des océans et de leurs profondeurs.


Une fertile émulation scientifique

En France, la première station marine est fondée à Concarneau en 1859 ; suivent Roscoff, Banyuls-sur-Mer, Arcachon, Villefranche-sur-Mer et Endoume. Les installations sont spartiates, parfois inexistantes, mais les scientifiques trouvent là des sites favorables pour leurs études. Dans le même temps, la longue expédition Britannique du « Challenger » (1872-1876) peut être considérée comme le départ de l’océanographie moderne.

Passionné et visionnaire

Dans ce bouillonnement scientifique qui anime l’Europe, un homme aura une influence décisive dans la naissance du Musée de la Mer : Officier de marine, Capitaine du Port de Bayonne, Né en 1817, Alexandre, Guillaume, Léopold, Marquis de Folin est mort à Biarritz en 1896. Il fut l’un des précurseurs de l’océanographie en France.le Marquis de Folin se passionne pour l’océanographie naissante, et se persuade très vite que « l’étude du fond des mers peut être commencée sans dépenses excessives, par le bon vouloir des marins et des amis de la science ». Entre 1864 et 1869, il se fait rapporter quelque 2000 échantillons par ses collègues officiers de marine ! Il réalise également plus de 200 dragages et prélèvements dans le golfe de Gascogne à bord de la pinasse à rames d’un pêcheur. Passionné et persuasif, le Marquis de Folin se lance dans une intense activité scientifique, et parvient à convaincre les autorités françaises de lancer en 1880 la première campagne scientifique du « Travailleur », qui explore les profondeurs du golfe de Gascogne, avec à son bord quelques-uns des océanographes les plus prestigieux de leur temps. Après plusieurs campagnes, le « Travailleur » est remplacé en 1883 par un escorteur de la Marine de 70 m, le « Talisman », qui bénéficie d’équipements perfectionnés pour l’époque, et poursuit ses investigations dans l’Atlantique, jusqu’à la mer des Sargasses. C’est en 1883 également que le Marquis de Folin participe à la création de « Biarritz Association ». Il déclare au cours de sa causerie inaugurale : « Il est absolument nécessaire que Biarritz accepte énergiquement cette situation exceptionnelle, dont elle doit se féliciter, en créant chez elle un foyer d’études qui deviendra un centre sur lequel on convergera de toutes parts ». De cette idée naîtra un jour le Musée de la Mer puis, plus tard, le Centre d’Etudes et de Recherches Scientifiques.

L’explosion de l’océanographie

Outils océanographiques anciens à bord.Au XIXème siècle, les trois questions fondamentales que se posent les océanographes concernent la topographie des fonds, les conditions physiques du milieu, l’existence et la nature de la faune sous-marine. Les outils dont on dispose pour y répondre sont sommaires. Pour mesurer la profondeur, on utilise une ligne de sonde, à main ou à manivelle. Ce n’est qu’en 1878, avec l’invention du thermomètre à renversement, que l’on peut connaître les températures en profondeur. Pour récolter des échantillons d’eau à diverses profondeurs, il faut là encore inventer des « bouteilles » capables de s’ouvrir et de se refermer à une profondeur choisie. La récolte d’êtres vivants fait appel à tous les outils de pêche connus : nasses, filets, chaluts, dragues…Cyana, submersible de l’IFREMER opérationnel par -3 000 m avec 3 hommes à bord. Après la deuxième guerre mondiale, une nouvelle ère d’exploration voit le jour, avec une instrumentation complètement renouvelée. Il ne s’agit plus simplement de décrire mais d’expliquer et de prédire les phénomènes. En un siècle, on est passé de la machine à sonder au sonar, du courantomètre à hélices à la télédétection par satellite. De nouveaux engins inhabités dotés de capteurs et de caméras nous affranchissent de l’écran d’eau si difficile à percer. Les satellites auscultent et suivent l’évolution des phénomènes océaniques. Les programmes de recherche sont internationaux, multidisciplinaires et à très grande échelle.

 

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