| Histoire du musée de la mer : Pourquoi un musée à Biarritz ? |
Né en 1933 du vent de modernisme scientifique qui soufflait alors,
le Musée de la Mer a été rénové en 1992, redevenant un établissement moderne
pour son époque. Mais il a su ne pas perdre son âme… Histoire d’une naissance Ce Musée de la Mer, érigé à Biarritz, des hommes l’ont ardemment désiré. Dans la salle de Folin, vous découvrirez l’historique de cette création, et comprendrez comment elle s’inscrivait logiquement dans une époque d’intense développement scientifique.Un patrimoine architectural respecté La rénovation du Musée lui a apporté une ambiance claire et moderne, mais a su lui garder sa personnalité. En témoigne un certain nombre de points forts, esthétiques ou architecturaux, qui ont été conservés ou réhabilités : la fontaine de Cazaux, la grande cage d’escaliers, la fresque au poulpe derrière le scaphandrier, la présentation des Cétacés dans la grande salle centrale, la réouverture des fenêtres en niveau 2… Sans compter la façade et l’architecture extérieure, presque inchangées malgré des travaux de réfection considérables.Plaisir nostalgique Par
l’importance de ses collections anciennes, le Musée de la Mer séduisait
les nostalgiques, amateurs d’objets curieux ou chargés d’histoire. La
salle Delord, la salle de Folin et les vitrines d’ethnologie maritime
en particulier ont gardé cet esprit, et vous permettent de découvrir
des objets, vêtements, outils, œuvres d’art, qui sont autant de témoignages émouvants
d’un passé révolu.
La
naissance du Musée de la Mer de Biarritz est le fruit - et le reflet – d’une époque
où l’on commençait tout juste à découvrir le monde fascinant des océans ;
c’est l’une des premières manifestations, pour le grand public, de l’océanographie
naissante. Si
les anciens, Pline ou Aristote, se sont intéressés de près à la vie marine,
ce n’est qu’au XVIIIème siècle que quelques précurseurs cherchèrent à comprendre
et décrire précisément le monde vivant. Au siècle suivant commencèrent
les grandes expéditions scientifiques à travers le monde, dont la croisière
du « Beagle », qui permit à Darwin d’échafauder sa fameuse
théorie de l’évolution. Mais ce n’est que dans la deuxième moitié du
XIXème que commença réellement l’étude des océans et de leurs profondeurs.
Passionné et visionnaire Dans ce bouillonnement scientifique qui anime l’Europe, un homme aura une influence décisive dans la naissance du Musée de la Mer : Officier de marine, Capitaine du Port de Bayonne, le
Marquis de Folin se passionne pour l’océanographie naissante, et se persuade
très vite que « l’étude du fond des mers peut être commencée sans
dépenses excessives, par le bon vouloir des marins et des amis de la
science ». Entre 1864 et 1869, il se fait rapporter quelque 2000 échantillons
par ses collègues officiers de marine ! Il réalise également plus
de 200 dragages et prélèvements dans le golfe de Gascogne à bord de la
pinasse à rames d’un pêcheur.
Passionné et persuasif, le Marquis de Folin se lance
dans une intense activité scientifique, et parvient à convaincre les
autorités françaises de lancer en 1880 la première campagne scientifique
du « Travailleur », qui explore les profondeurs du golfe de
Gascogne, avec à son bord quelques-uns des océanographes les plus prestigieux
de leur temps. Après plusieurs campagnes, le « Travailleur » est
remplacé en 1883 par un escorteur de la Marine de 70 m, le « Talisman »,
qui bénéficie d’équipements perfectionnés pour l’époque, et poursuit
ses investigations dans l’Atlantique, jusqu’à la mer des Sargasses. C’est
en 1883 également que le Marquis de Folin participe à la création de « Biarritz
Association ». Il déclare au cours de sa causerie inaugurale : « Il
est absolument nécessaire que Biarritz accepte énergiquement cette situation
exceptionnelle, dont elle doit se féliciter, en créant chez elle un foyer
d’études qui deviendra un centre sur lequel on convergera de toutes parts ».
De cette idée naîtra un jour le Musée de la Mer puis, plus tard, le Centre
d’Etudes et de Recherches Scientifiques.
L’explosion de l’océanographie Au
XIXème siècle, les trois questions fondamentales que se posent les océanographes
concernent la topographie des fonds, les conditions physiques du milieu,
l’existence et la nature de la faune sous-marine.
Les outils dont on dispose pour y répondre sont sommaires.
Pour mesurer la profondeur, on utilise une ligne de sonde, à main ou à manivelle.
Ce n’est qu’en 1878, avec l’invention du thermomètre à renversement,
que l’on peut connaître les températures en profondeur. Pour récolter
des échantillons d’eau à diverses profondeurs, il faut là encore inventer
des « bouteilles » capables de s’ouvrir et de se refermer à une
profondeur choisie. La récolte d’êtres vivants fait appel à tous les
outils de pêche connus : nasses, filets, chaluts, dragues… Après la deuxième guerre mondiale, une nouvelle ère
d’exploration voit le jour, avec une instrumentation complètement renouvelée.
Il ne s’agit plus simplement de décrire mais d’expliquer et de prédire
les phénomènes. En un siècle, on est passé de la machine à sonder au
sonar, du courantomètre à hélices à la télédétection par satellite. De
nouveaux engins inhabités dotés de capteurs et de caméras nous affranchissent
de l’écran d’eau si difficile à percer. Les satellites auscultent et
suivent l’évolution des phénomènes océaniques. Les programmes de recherche
sont internationaux, multidisciplinaires et à très grande échelle.
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