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Les
phoques s'ébattent dans un bassin d'un volume de 150m3 (150 000 litres d'eau
de mer !). Afin de conserver sa transparence, l'eau est filtrée, à raison
de 120m3 à l'heure, par des filtres "mécaniques" à sable, conçus
pour retenir les impuretés les plus fines. Une fois par mois en moyenne, le
bassin est vidé et nettoyé, et l'eau de mer est totalement renouvelée. Le
bassin des phoques est le seul dont l'eau soit traitée au chlore, pour la
désinfecter, empêcher la prolifération d'algues microscopiques qui
la teinteraient et débarrasser les animaux parasites externes. Une pompe doseuse
permet d'ajuster le taux de chlore à 0,3 mg/l, soit dix fois moins que les
concentrations utilisées dans les piscines humaines, ce qui permet d'éviter
tout problème de tolérance, en particulier au niveau des yeux. Ce dosage serait
néanmoins fatal aux poissons et autres animaux strictement aquatiques.
Les
pinnipèdes
Pour s'adapter au milieu aquatique, acquérir une forme hydrodynamique, limiter
les perditions de la chaleur, lutter contre la pression des profondeurs,
supporter des apnées parfois très longues, les ancêtres des pinnipèdes ont
dû développer des spécialisations parfois étonnantes.
Un corps fait pour l'eau
La forme arrondie et le réduction des membres des pinnipèdes ont pour effet
de minimiser la surface du cops par rapport à son volume. Les pertes caloriques
sont ainsi réduites, de même que la résistance aux déplacements. Tous les pinnipèdes
possèdent une couche de graisse sous-cutanée, le pannicule adipeux, pouvant
atteindre 10cm d'épaisseur chez certaines espèces. Le pelage est perméable à l'eau
(sauf chez les otaries à fourrure) mais sa structure particulière lui permet
de garder le corps au chaud, à la manière des combinaisons de plongée.
Des
spécialisations anatomiques et physiologiques
La transformation des membres en "nageoires" est sans doute l'adaptation
anatomique la plus évidente des pinnipèdes, mais elle est loin d'être la
seule. Les narines sont normalement fermées au repos et leur ouverture
est un acte volontaire. Leur forme est-elle que la pression de l'eau renforce
leur étanchéité. Lorsque l'animal ouvre la bouche sous l'eau, les voies
respiratoires et digestives sont fermées grâce à des muscles puissants.
Pour éviter leur écrasement sous la forte pression des profondeurs, les
ramifications les plus fines des poumons sont renforcées de cartilage ou
de fibres musculaires.
Les pinnipèdes ont un volume sanguin très important,
doublé d'une forte capacité de fixation de l'oxygène au niveau des globules
rouges. Le phoque de Weddell, par exemple, a proportionnellement deux fois
plus de sang q'un homme et ce sang contient sept fois plus d'oxygène !
Durant la plongée, la circulation sanguine se modifie en se concentrant
sur les organes vitaux (cerveau en particulier), tandis que les zones périphériques
sont très peu irriguées.
Phoques de France
Seules deux espèces de phoques sont couramment présentes sur les côtes
françaises et très occasionnellement dans le golfe de Gascogne.
Le phoque gris (Halichoerus grypus) se reconnaît à son long museau plat,
convexe chez le mâle adulte. La coloration est variable, avec des taches généralement
claire chez le male et plus sombre chez la femelle. Leur taille va de 2m (femelles) à plus
de 3m (males) pour un poids de 125 à 290 kg. Le phoque gris peut réaliser des
apnées de près de 20mn et descendre à 140m. Il se nourrit essentiellement de
poissons, ainsi que de mollusques et de crustacés. Il se rencontre dans l'Atlantique
nord, surtout sur les côtes rocheuses découpées. Une petite population se maintient
en Bretagne. Dans le golfe de Gascogne, en hiver surtout, on signale régulièrement
des jeunes de 2 à 3 mois sans doute égarés à la suite de tempêtes. Les phoques
du Musée de la Mer ont été recueillis très jeunes après avoir été retrouvés épuisés
sur le rivage.
Le
veau marin (Phoca vutitulina) a un museau plutôt concave et son front
est relativement marqué. Vues de face, les narines sont disposées en V. La
coloration est marbrée de taches sombres irrégulières. La taille est de 1m50
(femelles) à 2m (males) pour un poids de 100 à 250 kg. Assez indolent, ce phoque
vit le long des rivages sableux peu profonds. Il chasse les poissons, plats
en particuliers, les crustacés et ne dédaigne pas les coquillages. C'est une
espèce de l'Atlantique Nord qui se rencontre jusqu'aux côtes du Portugal. Il
en éxiste une petite colonie sédentaire en baie de Somme.
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