| Histoire du musée de la mer : La pêche au thon |
Les thoniers/sardiniers sont des bateaux spécialement équipés pour cette pêche. Le coté bâbord est réservé pour la pêche à la sardine qui se pratique en hiver et le coté tribord pour la pêche au thon qui se pratique en été. La particularité de ces bâtiments se situe à tribord. Un filin est frappé au bout de la canne, passe par une
poulie fixée au portique du mat arrière et est tirée par l'aide au moment
ou le canneur ferre le poisson; Le thon est pêché au vif (pëita). Il y a deux pëiteros (hommes chargés du vif), l'un envoie régulièrement du vif à la mer pour maintenir le thon en place, l'autre pour alimenter les "gobelets", sorte de petits viviers situés sur la lisse de bastingage afin que les canneurs aient toujours de l'appât disponible. Il y a en moyenne six cannes xiritua sur un thonier.
La pêche à la traîne Depuis des siècles, les pêcheurs basques pêchent le thon blanc (ou germon) à la traîne. Les ligneurs, bateaux à la silhouette caractéristique, avec leurs tangons-perches qui atteignent 20 mètres, parcourent le golfe de Gascogne de mai à septembre. Ils traînent jusqu’à 16 lignes garnies de leurres multicolores, autrefois réalisés en paille de maïs. La pêche à la canne Dans les années 50, au plus fort de la crise sardinière,
deux armateurs basques, après un voyage d’étude en Californie, proposent
de copier la technique américaine de pêche au thon à l’appât vivant à la
canne. Thons blancs, thons rouges et bonites peuvent être pêchés de cette façon. Il faut d’abord les attirer en surface tout près du bateau, et les y maintenir en leur lançant des sardines ou des anchois vivants dont ils sont friands. Les pêcheurs mêlent à ces appâts l’hameçon de leur ligne, lui-même garni d’un petit poisson. Des jets d’eau aspergent la surface, masquant les pêcheurs et simulant le frétillement des sardines. Les thons excités deviennent plus faciles à pêcher. En quelques minutes, cinq hommes peuvent pêcher plusieurs dizaines de thons. L’une des difficultés de cette pêche est de se procurer l’appât vivant, le « peita », et de le conserver dans des viviers à bord. La saison de passage des thons dans le golfe de Gascogne étant courte (4 à 5 mois), trois thoniers-canneurs basques décidèrent en 1955 d’aller vers le Sénégal, où la sardine et le germon sont abondants en hiver. Dès 1956, ce sont 25 équipages qui mettent le cap au Sud, accompagnés d’un chalutier qui servira de congélateur flottant. On comptera ainsi jusqu’à 35 de ces canneurs basques à Dakar. En 1992 il n’en reste plus que sept, qui restent basés à Dakar. Thoniers-senneurs On utilise parfois la senne coulissante pour capturer les bancs de thons sur nos côtes, principalement en Méditerranée. Mais les Basques se sont illustrés dans l’armement de grands thoniers-senneurs congélateurs, qui partent à la recherche des thons tropicaux. Ces bateaux de 50 à 70 mètres de long, profilés comme des vedettes, sont spécialement équipés pour détecter les bancs (électronique, nid de pie, hélicoptère). Les premières unités, lancées dans les années 60, opéraient principalement dans l’Atlantique tropical, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. L’évolution des bateaux Le port de Saint-Jean-de-Luz a toujours armé à la pêche. Les traces et souvenirs que nous avons des bateaux luziens permettent de mieux comprendre l’évolution technologique, économique, mais aussi sociale du monde de la pêche. Chaloupes et traînières
Bateaux à vapeur Bientôt, avec le moteur à explosion, la capacité des bateaux s’accroît et l’utilisation de nouvelles techniques de pêche comme la bolinche s’en trouve facilitée. Sardiniers-thoniers
Les Thuna-clippers Thoniers-senneurs Certains de ces senneurs seront gigantesques (jusqu’à 80 m de long), mais la crise de 1975, avec le choc pétrolier puis l’entrée en vigueur des zones économiques exclusives des états côtiers, va amorcer le déclin de la grande pêche thonière basque.
|