C'est en poursuivant les baleines que les marins basques
découvrent les fabuleux bancs de morue de Terre-Neuve.
Au IXème siècle, les Vikings pêchaient déjà ce poisson au large de l'Écosse et
au nord de l'Islande, mais ce sont les Basques qui, à partir du XVIème siècle,
vont en intensifier la pêche au large du Canada; jusqu'au XVIIème siècle, les
Français domineront ce secteur d'activité. 
Dans un premier temps, les pêcheurs basques pratiquent la pêche sédentaire. Celle-ci
se fait l'été, près des côtes avec des chaloupes. La morue est salée et séchée à terre.
Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, c'est la pêche errante qui se développe.
Les marins opèrent avec des lignes à main à partir de petits navires qui dérivent
sur les bancs au large de Terre-Neuve. La morue est vidée, salée et conservée à bord.
On pêche alors en toute saison et par tous les temps. A la fin du XVIème siècle,
la flotte des terre-neuvas français compte 500 unités, qui mobilisent 12 000
marins pêcheurs. La pêche morutière sera ensuite sérieusement perturbée par les
nombreux conflits qui opposent la France et l'Angleterre, puis par les guerres
de la Révolution et de l'Empire. Durant ce temps, les techniques de pêche n'évoluent
que lentement : la senne est utilisée vers 1750, tandis que les palangres
n'apparaissent qu'au XIXème siècle, et les chaluts au début du XXème. La pêche
morutière intègre alors les innovations technologiques de l'ère industrielle :
installations frigorifiques, chalutiers puis bateaux-usines.
A partir de 1945 toutefois, son déclin s'amorce lentement ; elle finit par
disparaître en France en 1985, sous l'action conjointe de la surpêche et de la
réglementation instituant les zones économiques exclusives.
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