| Histoire du musée de la mer : la construction du musée |
Le Musée de la Mer est alors une réalisation architecturale
tout à fait moderne. La structure du bâtiment et sa décoration font d’ailleurs
l’objet de commentaires élogieux, parfois dithyrambiques, dans la presse. A l’ouverture, les collections présentées sont encore restreintes, mais elles s’enrichissent rapidement de nombreux dons, prêts et dépôts. Sous la direction de Paul Arné, le fonds patrimonial du Musée est vite suffisant pour qu’une inauguration officielle ait lieu en grande pompe le 7 juillet 1935. Jeunesse et maturité Pour ses responsables, l’établissement a pour but de montrer les curiosités de la mer au grand public, mais aussi de faire état des derniers avancements de la science pour les plus érudits. Il a également la vocation d’un musée scientifique, c'est-à-dire la constitution et la conservation de collections de référence, fort utiles aux spécialistes de la classification ou de l’anatomie par exemple. Témoignent
encore aujourd’hui de cette vocation initiale les collections scientifiques
du Marquis de Folin, la collection ornithologique régionale, ou la collection
de fossiles des falaises de Biarritz…
Par la suite, au gré de l’enrichissement des collections
et de l’évolution de la mu séographie,
le Musée de la Mer se transforme progressivement. Tout au long d’un demi-siècle,
les galeries sont réaménagées, de nouvelles salles sont libérées ou créées,
des installations complémentaires voient le jour pour des périodes plus
ou moins longues (bassin extérieur pour les phoques, volières, vivarium…).
Le Musée participe également, soutenu par la Société des Amis du Musée
de la Mer, à l’animation culturelle de sa région, tout d’abord par son
impact considérable dans le monde scolaire, mais aussi par la création
d’animations, d’expositions temporaires, etc.
Dans les années 80, le niveau de vétusté de certaines
parties du bâtiment commence à inquiéter la municipalité. Les études
techniques concluent au besoin d’une rénovation complète du Musée. Ce
sera l’occasion d’une intense réflexion, et d’une refonte totale des
expositions.
Fréquentation : un succès jamais démenti Dès ses débuts, le Musée de la Mer accueille de 30 à 50 000 visiteurs chaque année. Le cap des 100 000 est largement dépassé en 1949, et la fréquentation annuelle se maintient autour de 170 000 à partir de 1972. Lorsqu’il est fermé au public en septembre 1991 pour permettre les travaux de rénovation, le musée a vu passer près de 6,7 millions de visiteurs depuis son ouverture ! Depuis sa rénovation, le succès du Musée de la Mer s’est notablement accentué, avec plus de 260 000 visiteurs par an. Le bâtiment construit en 1933, s’intégrait bien au site
choisi, il présente en façade une structure caractérisée par de fortes
lignes horizontales avec des baies qui allégeaient ces surfaces horizontales
et coupée par un volume vertical saillant, la cage d’escalier, en forme
de proue de navire arborant fièrement les armes de Biarritz sculptées
par Biberstein. La rénovation du Musée Consolidation et sécurité Le premier problème à résoudre est la dégradation de certaines parties de la structure, dues en particulier aux infiltrations d’eau le long de la falaise à laquelle le bâtiment est adossé, et plus généralement à l’atmosphère saline hautement corrosive. Il faut mettre à nu l’ossature de l’édifice pour la contrôler, et la renforcer si nécessaire. Agé de plus d’un demi-siècle, le Musée ne correspond plus aux normes de sécurité en vigueur : il faut ouvrir des issues de secours supplémentaires, revoir les systèmes de sécurité-incendie, la résistance au feu des matériaux… Un ascenseur doit également être intégré dans le bâtiment pour en permettre l’accès aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Enfin, la rénovation doit être l’occasion de mettre les techniques d’aujourd’hui au service du confort de visite : climatisation, désembuage des vitres des aquariums en été, amélioration de l’isolation phonique…Respecter l’esprit Au même titre que les collections du Musée, l’architecture originelle du bâtiment constitue en elle-même un patrimoine unique. Les importants travaux de structure, ainsi que l’indispensable modernisation de la présentation, se devaient donc de la respecter, pour que le Musée ne perde pas son âme… L’un des aspects fondamentaux du travail de réflexion préalable - et l’une des réussites de la rénovation - a été de trouver un équilibre entre les contraintes structurelles, une présentation muséologique résolument actuelle, et le respect de « l’esprit » de l’édifice, restituant même dans certains cas l’ambiance d’origine qui s’était perdue entre-temps (reprise de la cage d’escalier centrale, rénovation à l’identique d’une fresque de A. Sauvage, de la fontaine de Cazaux,…). Pour le plaisir des yeux…La salle Delord
Quand reste l’esprit...
Un musée d’aujourd’hui…pour demain De nos jours on ne conçoit plus qu’un musée ne soit qu’une juxtaposition d’objets ou de collections ; il faut au visiteur une logique de visite, un fil conducteur… Dans le cas présent, la thématique générale, est contenue tout entière dans la dénomination « Musée de la Mer de Biarritz » : les sujets abordés tout au long de la visite sont autant d’illustrations des liens historiques, géographiques, économiques et culturels entre la ville, sa région et l’océan. Un Musée pour le public Les opérations de rénovation, qui s’imposaient pour des raisons de structure ou de sécurité, ont été l’occasion de recentrer les présentations autour de la thématique naturelle de l’établissement, avec la volonté générale de permettre aux visiteurs de comprendre, découvrir ou apprendre, tout en prenant du plaisir. Plaisir des yeux d’abord, avec un soin tout particulier pour l’esthétique générale de la visite, mais aussi l’illustration, qui fait largement appel à l’image et à la photographie, et la mise en valeur de la beauté propre des échantillons, maquettes ou objets présentés. Plaisir du jeu et de la détente avec des systèmes audiovisuels interactifs et des approches muséologiques inhabituelles, des zones de repos, un bar… Plaisir de la vie enfin, car la confrontation directe avec les organismes vivants (même au travers d’une vitre) reste l’une des émotions fondamentales de l’être humain.Un Musée d’aujourd’hui Le but ultime - et principal - de la rénovation du Musée de la Mer était d’offrir au public ce qu’il est en droit d’attendre de nos jours d’un établissement de ce type. Sans renier sa spécificité, ni son esprit d’origine, on a largement fait appel aux techniques actuelles pour mettre en valeur le patrimoine et les collections du Musée, mais aussi les « messages » dont ils sont porteurs. La technologie est ici au service de la qualité de visite, tant au plan esthétique qu’instructif. Ainsi, les aquariums ont bénéficié de tous les perfectionnements utiles au niveau de leur fabrication comme de leur fonctionnement. L’architecture des bacs et la qualité des décors sont remarquables, et les équipements de contrôle et de traitement de l’eau permettent la maîtrise aquariologique de très grands bassins. Il a été fait appel à divers supports et techniques de communication (vidéodisques, informatique,…) pour permettre l’interactivité avec le public, là où elle était nécessaire pour les besoins de l’exposition. Et puis il ne faut pas oublier l’imagination et le savoir-faire de nombreux prestataires, qui ont apporté chacun leur touche d’originalité (mini-dioramas, hublots « bulles » dans certaines vitrines, paysage subaquatique des phoques, grotte des squales, mise en scène des dauphins « volants », etc.).Un Musée pour demain |