| Histoire du musée de la mer : La chasse à la baleine |
Depuis toujours en Pays Basque, les villages côtiers ont vécu de l’océan. Mais les Basques ont surtout pris une part prépondérante dans les grandes aventures des pêches lointaines, pourchassant les baleines au Spitzberg, les morues au Groenland, les thons dans l’Atlantique tropical et l’océan Indien… L'épopée de la chasse à la baleine Pour les populations côtières, une baleine échouée a toujours été un
don des dieux. A cette époque, les baleines franches, également nommées baleines des Basques (Eubalaena glacialis), étaient nombreuses dans le golfe de Gascogne de l’équinoxe de septembre à la fin de l’hiver. Dès que les guetteurs les apercevaient, des embarcations étaient mises à l’eau pour aller à leur rencontre. Les prises étaient ensuite remorquées sur la grève pour être dépecées. A partir du XVème siècle, les baleines se raréfient dans le golfe de Gascogne, et les Basques poursuivent alors les Cétacés plus au large. Au XVIIème siècle, les Anglais et les Hollandais, qui se sont lancés dans l’activité baleinière, embauchent des marins basques afin d’apprendre leurs techniques de pêche. Ils les renvoient ensuite, et leur interdisent de s’installer pour pêcher au Groënland. Les Basques tenteront de contourner le problème en dépeçant les baleines en mer, et en traitant l’huile à bord (grâce en particulier à un four inventé par Martin Sopite, de Ciboure), mais l’activité baleinière basque et française déclinera tout de même, gravement affectée par les guerres entre la France et l’Espagne, puis l’Angleterre. Malgré quelques sursauts passagers, elle ne reviendra jamais vraiment florissante. Le dernier baleinier français rentre au Havre en 1868. La grande pêche C’est en poursuivant les baleines que les marins basques
découvrent les fabuleux bancs de morue Dans un premier temps, les pêcheurs basques pratiquent la pêche sédentaire. Celle-ci se fait l’été, près des côtes avec des chaloupes. La morue est salée et séchée à terre. Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, c’est la pêche errante qui se développe. Les marins opèrent avec des lignes à main à partir de petits navires qui dérivent sur les bancs au large de Terre-Neuve. La morue est vidée, salée et conservée à bord. On pêche alors en toute saison et par tous les temps. A la fin du XVIème siècle, la flotte des terre-neuvas français compte 500 unités, qui mobilisent 12 000 marins pêcheurs. La pêche morutière sera ensuite sérieusement perturbée par les nombreux conflits qui opposent la France et l’Angleterre, puis par les guerres de la Révolution et de l’Empire. Durant ce temps, les techniques de pêche n’évoluent que lentement : la senne est utilisée vers 1750, tandis que les palangres n’apparaissent qu’au XIXème siècle, et les chaluts au début du XXème. La pêche morutière intègre alors les innovations technologiques de l’ère industrielle : installations frigorifiques, chalutiers puis bateaux-usines. A partir de 1945 toutefois, son déclin s’amorce lentement ; elle finit par disparaître en France en 1985, sous l’action conjointe de la surpêche et de la réglementation instituant les zones économiques exclusives. La grande épopée du Port-Vieux Dans les baraques de fortune, quelques hommes devisent en réparant un harpon ou en sculptant un fanon de baleine. Sur la plage, hors de portée de la marée, des embarcations, chaloupes ou pinasses de 7 à 8 mètres, sont alignées, prêtes à partir. Tout à coup, un battement de tambour. Du haut d’un promontoire, « Atalaya » en Basque, un guetteur a aperçu une baleine. Tous affluent vers la plage, et en quelques minutes, les premières pinasses prennent la mer. La poursuite pourra durer des heures, le harponneur dirigeant la manœuvre des huit à dix rameurs de l’embarcation. Une fois la baleine harponnée, il faudra encore d’interminables heures de lutte à la force des bras, avec l’aide des autres chaloupes, pour en venir à bout. Après ce long combat, au cours duquel les accidents sont nombreux, la baleine est remorquée à terre. Commence alors le dépeçage. Des feux sont allumés sous les chaudrons qui serviront à fondre la graisse. Pendant des jours, l’anse du Port-Vieux sera dominée par des odeurs puissantes, parfois pestilentielles, d’huile fumante et de carcasse en décomposition.
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