| Histoire du musée de la mer : Un Calmar Géant à Biarritz | ||||||||||||
Le Musée de la Mer a présenté pour la 1ère fois en France un monstre marin des grands fonds, un Calmar Géant (Architeuthis dux) : Taille : 8 mètres - Poids : 104 kg - Sexe : Femelle - Age : 2 ans
Le musée de la mer et l’exposition L’exposition est produite par le Musée de la Mer, en collaboration avec CEPESMA et Isabel Guzmàn (biologiste). Elle a permit : • de voir un vrai « calmar géant » de l’espèce Architeuthis dux, cette jeune femelle de 2 ans, mesure 7.80 mètres et pèse 104 kg. Echouée sur la côte asturienne à Llanes le 20 septembre 2001, elle a probablement vécue dans les fosses de « las Tiberas » ou « Carrandi » de 1200 m de profondeur. • d’apprendre au-travers de tableaux explicatifs le peu que l’on sait sur cette espèce c’est-à-dire qu’elle grandit de près d’1 cm par jour, qu’elle est carnivore et cannibale, qu’elle est chassée par le cachalot, qu’elle vit à des profondeurs de plus de 400m , qu’elle a été retrouvée dans plusieurs pays mais en très faible quantité et souvent en mauvais état etc. • de réaliser ce que l’on ne sait pas et reste encore mystérieux pour cette espèce rare. • de voir d’autres espèces des grands fonds qui font partie de la collection du Musée de la Mer.
Le Musée de la Mer pense qu’il est important : que le public sache que ces « Monstres marins » qui depuis la nuit des temps bercent ou hantent nos esprit, que ces histoires qui nous ont tant fait frissonner, ont une base réelle. Jules Verne dans « Vingt mille lieues sous les mers », Jules Michelet dans « La Mer », Victor Hugo et bien d’autres ne racontent pas que des légendes. Ces géants de la mer existent et ne viennent pas de l’imaginaire de leurs auteurs. Les marins dans les tavernes rapportaient des faits réels qui par la suite pouvaient être enjolivés. Il faut aussi que le public sache que l’on ne connaît pas tout du monde marin et le Musée de la Mer souhaite participer à l’amélioration de la connaissance de cette vie marine. C’est pourquoi, le Musée de la Mer a invité un grand nombre de scientifiques Européens à participer à l’autopsie qui a été faite sous la conduite du Docteur Angel GUERRA del Consejo Superior de Investigaciones Cientificas et de Luis LARIA de CEPESMA. Divers prélèvement examinés et étudiés par les scientifiques dans le cadre de leurs recherches et spécialités respectives permettront d’améliorer la connaissance de cette espèce.
Qui n´a jamais lu ou écouté même une fois le merveilleux ouvrage de Jules Verne, « 20.000 lieux sous les mers ». Cette histoire raconte les péripéties de plusieurs aventuriers à bord d´un gigantesque sous-marin. Il semblerait que la plupart des événements qui se déroulent tout au long du livre sont fondés sur des mythes et de légendes marines. Une des plus célèbres répliques de ce roman nous raconte : ...-« L’épouvantable bête ! » s’écria
t’il . Le céphalopode géant était une fantaisie de Jules Verne, mais son imagination avait été stimulée par une histoire réelle: quelques années auparavant, en 1861, un petit navire de guerre français “Alecton”, avait capturé un calmar de sept mètres après trois heures de lutte. Les histoires de monstres marins aux énormes yeux et multiples bras étaient déjà dans l´esprit des hommes et dans les livres depuis plusieurs siècles. Ullysse, dans l´Odissée, rencontrait Escila, un monstre à mille tentacules,” une créature perverse que personne, même s´agissant d´un Dieu, serait content d´apercevoir“. Pour les habitants des côtes scandinaves, le kraken (Calmar géant) était un des mythes les plus commentés depuis le Moyen Âge et les chroniqueurs recueillaient des légendes sur le monstre:”Quand la pêche fuit de manière agitée, c´est le kraken qui s´élève”, racontent encore les pêcheurs nordiques. En 1555, Olaus Magnus écrivait sur certains “monstrueux poissons”: “ leur formes sont terribles, leur têtes sont carrées, couvertes d´épines, et possèdent beaucoup de cornes fileuses et longues, comme s´il s´agissait des racines d´un arbre arraché... Un de ces monstres marins coulerait facilement les grands bateaux menés par de nombreux et forts marins”. Dans son roman Moby Dick ou la baleine banche (1851), Herman Melville décrit
une créature marine “ avec un corps grand et poulpeux, d´énorme
longueur ...avec de longs bras irradiant de son centre qui se retournent sur
eux-mêmes comme des serpents”. Il semblerait que l´artiste
avait en tête l´image d´un calmar géant, et sa description
montre le peu d´information que l´on avait sur ces animaux à la
fin du XIX siècle. ....A UNE RÉALITÉ Le premier à confirmer l´existence de cet animal réel fut Eric Pontopiddan dans son « Histoire naturelle de Norvège » (1752) : « il est rond, plat et plein de bras et de branches, on peut donc supposer avec certitude que cet énorme animal appartient à l´espèce de la pieuvre ou de l´étoile de mer ». Effectivement, le Calmar géant est un céphalopode comme la pieuvre. - Entre 1871 et 1873, une vingtaine de calmars géants a été retrouvée échouée à Terreneuve, le plus grand mesurant 17 m - tentacules allongés -. Il s´agit du plus grand invertébré au monde. Par la suite d´autres calmars géants ont été retrouvés échoués ou pêchés morts, notamment dans le Canyon de Kaikoura (Nouvelle Zélande) et plus récemment tout près de chez nous, dans la mer Cantabrique, au large des Asturies (Espagne), - En décembre 1999, deux bateaux de Lugo (Galice) ont capturé un
Architeuthis dux de 12 m de long et 148 kg, à une profondeur comprise
entre 400 et 600 m, dans le « caladero » CROISSANCE RAPIDE QUAND LES CALMARS DEVIENNENT- ILS DES GEANTS ?
Pour déterminer l´âge d´un calmar géant, on étudie les os de l´ouie: les statolithes. Cette concrétion chargée de l équilibre de l´animal présente des séries d´anneaux concentriques semblables à ceux des arbres. On suppose que chaque anneau représente une année. NOUVELLE ZÉLANDE Le Canyon de Kaikoura en Nouvelle Zélande est une formation large et profonde (2500-3000 m) sans relief accidenté au fond. Les cachalots sont fréquemment observés sur cette zone. Une expédition, à la recherche d´images de Calmars géants dans leur habitat naturel, a été réalisée en utilisant des cachalots sur lesquels on a fixé des caméras sous-marines. Aucune image de ces géants des profondeurs n´a pu être prise, les cachalots s´étant débarrassés des caméras.
Les fonds marins au large des Asturies sont formés d´une succession
de fosses sous-marines allant de 200 m à 1200 m. Les captures faites
par des bateaux de pêche se sont déroulées à une
profondeur comprise entre 200 m et 700 m. On suppose que c´est au moment
du passage d´une fosse à l´autre que le Calmar géant
est capturé dans les filets de pêche. Les échouages sur
les côtes et les observations en mer de cachalots, leurs prédateurs
directs, ne sont pas fréquentes aux Asturies. Chaque tentacule présente des ventouses munies d´une couronne
de dents. Leur prédateur direct est le Grand Cachalot : des grandes marques de ventouses ont été retrouvées sur des cadavres de ces cétacés qui chassent à des grandes profondeurs. Mais aussi le requin Mako : plusieurs mètres de tentacules de calmar géant ont été récupérées dans l´estomac de plusieurs requins pêchés au large des Asturies. Ces céphalopodes ne sont pas comestibles pour l´Homme car leur chair est très toxique. Pour obtenir de l´énergie leur corps brûle des protéines et non pas des lipides comme chez la plupart des animaux. Cet étrange processus produit de l´ammoniaque qui s´accumule dans les muscles et les rend impropres à la consommation. OÙ VIT- IL CE QUE L´ON IGNORE Dans la mesure où l´on n´a jamais pu observer un spécimen dans son milieu naturel et bien que toutes les captures aient été individuelles, on ignore si le Calmar géant vit seul ou en groupe. Une Capture multiple n´a jamais été réalisée, mais dernièrement plusieurs calmars ont été récupérés en peu de temps au large des Asturies. On ignore aussi s´il se déplace habituellement près du fond ou s´il nage entre deux eaux, s´il réalise des remontées diurnes ou nocturnes, si les cachalots et les requins sont leurs seuls prédateurs, ou si ............................. etc.
Les Calmars géants sont remontés dans les filets des pêcheurs au large de la côte des Asturies. Plusieurs spécimens ont été capturés dans cette zone et tous sont remontés morts. Ils ont été pêchés à une profondeur comprise entre 200 et 700 mètres. A cette profondeur, l´obscurité est totale, le froid est intense, et la masse d´eau qui les entoure produit une pression très élevée, capable de briser les os d´un être humain sans aucune difficulté. L´Architeuthis ne présente pas d´espaces gazeux à l´intérieur de son corps, il n´y a donc pas de cavités susceptibles d´être dilatées ou comprimées, par conséquent la pression ne l´affecte pas. L´étude de ces animaux dans leur milieu naturel est très difficile à réaliser. Des essais ont été tentés mais sans succès à ce jour.
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