Histoire du musée de la mer : Les aquariums du musée

La rénovation du Musée de la Mer en 1992 a permis une refonte totale des installations aquariologiques, avec l’apport de toutes les techniques modernes nécessaires, mais aussi une nouvelle approche muséologique du rôle des aquariums dans la visite de l’établissement. L’organisation et l’esthétique des aquariums du niveau bas ont ainsi été repensées, et deux grands bassins vitrés ont été créés en niveau haut.

Pour le plaisir des yeux

Malgré une rénovation totale de ses bacs, la petite salle d'entrée de l'Aquarium a conservé avec la fontaine de Cazaux son ambiance d'origine. Le rôle premier des aquariums au Musée de la Mer est de faire découvrir la beauté et la diversité de la vie marine du golfe de Gascogne, en offrant au visiteur une confrontation directe avec les organismes vivants qui lui sont présentés. Conception et esthétique des bassins doivent donc permettre cette découverte dans les meilleures conditions de confort et de plaisir, sans perdre de vue qu’en ce domaine le contenu et le contenant sont absolument indissociables.

Pour atteindre ces objectifs, les concepteurs ont particulièrement soigné l’architecture des salles et des aquariums eux-mêmes, afin d’offrir au visiteur des perspectives toujours renouvelées. Ils ont également recherché la meilleure adéquation entre la forme, le volume, le type de décor et la population projetée pour chaque bassin.

Des formes originales

La grande salle de l'Aquarium où chaque bassin offre une forme, un décor et des points de vue différents.Equilibre maîtrisé entre le modernisme des nouvelles installations aquariologiques et le respect de la personnalité originelle du bâtiment, l’architecture des salles d’aquariums a su préserver certains éléments forts du Musée, comme la petite salle d’entrée de l’Aquarium, avec son ambiance de faïences bleutées et la fontaine de Cazaux, et même retrouver des choix architecturaux d’origine, en restituant par exemple à la perspective de la grande salle un bac hexagonal central, qui avait depuis longtemps disparu.

La fabrication de la plupart des aquariums en résine, combinée aux possibilités actuelles de collage du verre, a permis de leur donner des formes très variées, contrastant considérablement avec la monotonie des anciennes installations. Conçus pour mettre en scène, le plus efficacement possible, la vie et l’ambiance sous-marines, beaucoup ont en effet plusieurs faces vitrées, permettant de découvrir chaque milieu reconstitué sous des angles variés, un peu comme on pourrait le faire au cours d’une promenade sous-marine. Nombre d’entre eux ont également une hauteur d’eau importante, qui permet au public de mieux s’imprégner de la sensation de profondeur, d’immersion… Mais il en est aussi de petits, qui constituent autant de gros plans sur la vie sous-marine, et de beaucoup plus grands, qui permettent d’appréhender « grandeur nature » le comportement de gros animaux tels que les phoques ou les requins.

Des décors « Nature »

Grands et petits, les aquariums sont des écrins adaptés aux joyaux sous-marins qu'ils présentent.L’une des originalités des nouveaux aquariums du Musée est la qualité et l’authenticité des décors intérieurs, obtenus par des techniques de moulage de roches naturelles. Fabriqués en béton de fibres, un matériau fin et résistant dont la texture est celle de la pierre, ils restituent à la perfection l’aspect du littoral biarrot. Vous pourrez ainsi reconnaître dans les bassins des répliques exactes des roches érodées du Port-Vieux ou du Rocher de la Vierge.

Comme l’architecture Les décors en béton de fibres reconstituent fidèlement les roches naturelles. extérieure des aquariums, les proportions des décors ont été étudiées pour offrir différentes perspectives, différents points de vue, qui sont autant de possibilités de pénétrer l’intimité des organismes marins. Conçus pour ne laisser apparaître aucun élément technique (tuyaux, etc.) ces décors reconstituent différents types d’environnements, et sont adaptés à la présentation de populations vivantes très diverses : sars virevoltant le long de tombants verticaux, murènes tapies dans les failles, muges évoluant en groupe pressé le long d’un quai, anémones et crabes camouflés dans les Des pompes entretiennent un courant tournant dans ce grand bassin hexagonal, ce qui permet d'y faire vivre des espèces de pleine mer nageant en permanence.anfractuosités, requins de fond qui ondulent mollement avant de se poser sur une large plage sableuse…

Tout a été fait pour que le visiteur rencontre les poissons et l’extraordinaire diversité des organismes qui peuplent l’océan dans des conditions aussi naturelles que possible, et ressente vraiment l’ambiance des fonds marins.






Les poissons dans leur décor Les longues failles et zones d'ombre de ce décor sont bien adaptées aux moeurs du congre (Conger conger).

Les poissons, c’est évident, ne vivent pas tous dans les mêmes conditions, le même environnement… Et il en va de même pour tous les animaux marins.

Pour présenter chaque animal dans une situation conforme à ses exigences, les décors ont été pensés à plusieurs niveaux :

·        Forme générale (degré d’uniformité, inclinaison des parois…) ;

·        Plages de sable plus ou moins vastes (nécessaires en particulier pour les poissons plats et les espèces fouisseuses) ;

·        Espace disponible pour la nage (critère fondamental pour les espèces de pleine eau) ;

·        Texture de surface, plus ou moins lisse ou rugueuse (point important pour tous les organismes qui se fixent au rocher, à prendre en compte également pour les poissons à l’épiderme fragile) ;

·        Anfractuosités et abris (il s’agit d’offrir à chaque espèce des cachettes qui lui conviennent, mais restent visibles du public) ;

·        Zones d’ombre (nécessaires pour beaucoup d’organismes), sous forme de grottes et surplombs, ou résultant de la répartition des éclairages…

Element de décor inattendu, un bout de tuyauterie métallique (reconstitué en résine inerte) sert d'abri à de jeunes muges.Mais à ces considérations, abordées espèce par espèce, il convient d’ajouter tous les problèmes de cohabitation et de compatibilité interspécifique. Là encore, la conception du décor peut faciliter les choses, en proposant par exemple aux poissons territoriaux des bornes claires pour délimiter des territoires qui restent de taille raisonnable.

Comment ça fonctionne ?

Le Musée de la Mer est implanté à proximité immédiate de l'océan. Il était donc logique que, dès l'origine, ses aquariums soient alimentés en eau de mer naturelle. Bien que cette option pose quelques sérieux problèmes, dans un océan perturbé par les marées et les tempêtes, elle a été conservée dans le cadre de la rénovation des installations aquariologiques : une eau de mer naturelle en abondance est facteur d'équilibre chimique et biologique pour les aquariums.

ce shéma général du fonctionnement hydraulique de l'aquarium montre comment l'eau pompée en mer est d'abord stockée dans des cuves d'eau brtues avant d'être filtrée puis répartie entrer les bassins.Un circuit semi ouvert

Pompée dans l'anse du Port-Vieux, en dessous de la zone des marées, l'eau de mer brute est envoyée dans un cuve de stockage, en bas du bâtiment. De là, elle est reprise, filtrée et relevée vers deux cuves situées en terrasse, qui font office de château d'eau. Des canalisations en pvc la distribue ensuite, par gravité, vers tous les aquariums et bassins qui se trouvent aux niveaux inférieurs.
Chaque aquarium, est également équipée d'un système complet d'aération et de filtration , adapté à sa capacité, permettant un fonctionnement en circuit fermé si nécessaire, par exemple lorsqu'une tempête empêche tout approvisionnement en eau neuve. En temps normal, le taux de renouvellement de chaque aquariums est assez réduit : de l'ordre de 1 à 10% de son volume pour 24 heures. Il s'agit donc d'un système en circuit semi-ouvert. La consommation globale d'eau de mer neuve atteint 5 à 10 m3 par jour.

la salle de filtrations des bassins à phoques et à squales
Des techniques sophistiquées


Pour offrir une température optimale aux espèces qui sont présentées, un système de thermorégulation équipe chaque bassin. En règle générale, la température est maintenue autour de 16 à 18 °C dans la plupart des bacs (14°C pour l'aquarium présentant les espèces les plus nordiques : lieux, tacauds...), ce qui impose de refroidir l'eau. Des échangeurs à plaques thermo statés, situés dans les compartiments de filtration des aquariums, sont alimentés par un circuit général d'eau "glacée" (8°C). Seul le bassin des requins est maintenu à une température de 20-21°C. Il est donc chauffé la plupart du temps (chaudière électrique), bien qu'un refroidissement soit nécessaire en été. Les dispositifs d'aérations des aquariums, invisibles aux public, sont alimentés par un circuit général de distribution d'air sur pressé. L'éclairage, enfin, est fourni par des tubes fluorescents ou de puissants spots à iodures métalliques, selon les bassins et les besoins spécifiques de la faune et de la flore présentées. Températures et durée d'éclairement subissent des variations saisonnières contrôlées, afin de rappeler aux animaux les cycles climatiques naturels. Certains paramètres majeurs font l'objet d'un contrôle automatique : c'est la cas pour l'éclairage, ou le pompage, qui peut être interrompu ou mis en marche selon le remplissage des cuves ou le niveau marin. Des détecteurs permettent d'alerter le personnel de surveillance en cas d'interruption de filtration ou d'aération.

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