Le golfe de Gascogne : Vivre sous la mer

Pourquoi les organismes marins sont-ils si variés, et souvent si bizarres ? Parce qu’ils vivent dans un environnement bien spécial : l’océan. C’est d’abord de l’eau bien sûr, mais c’est aussi - et surtout - un espace à trois dimensions, presque infini.

| manger | se déplacer | respirer | se reproduire |

Manger sous la mer

Pour bien comprendre les animaux marins, et leur façon de se nourrir, il faut être prêt à réviser et élargir notre vision habituelle de l’alimentation. Il y a bien sous la mer des animaux « herbivores » (en fait, il faudrait dire phytophages) et carnivores (zoophages), mais cette distinction n’a pas toujours grand sens : beaucoup sont potentiellement omnivores, et mangent à peu près tout ce qui se présente… Ce qui les différencie, c’est plutôt la façon dont ils se procurent leur nourriture.

Certains raclent ou arrachent leur nourriture du fond : ils broutent comme les vaches dans les alpages ! En général, ils broutent surtout des algues, comme le font les oursins et les bigorneaux, ou les saupes parmi les poissons, mais certains s’attaquent à des animaux fixés tels que des éponges, des hydraires ou des bryozoaires : ainsi, la plupart des limaces de mer et certaines étoiles de mer sont des brouteurs carnivores !

Beaucoup d’animaux marins chassent activement, ce qui leur impose d’enchaîner un grand nombre d’actions coordonnées : détecter et identifier une proie, la poursuivre, la capturer, et enfin l’ingérer, puis la digérer… Des prédateurs bien connus comme les requins, les phoques ou les pieuvres, chassent des proies de grande taille, mais d’autres, comme la sardine ou l’hippocampe, en capturent de minuscules.

D’autres prédateurs se contentent de chasser de façon passive, à l’aide d’un piège qu’ils étendent sur le fond ou dans le courant : filaments gluants chez certains vers tubicoles, corolle plumeuse chez les comatules ou les vers à panache, tentacules urticants chez l’anémone de mer…

Les filtreurs, quant à eux, créent un courant d’eau qui leur amène les micro-organismes et autres particules nutritives en suspension, qu’ils retiennent par un système de filtre. C’est le cas par exemple des éponges, des ascidies, et des bivalves (moules, palourdes…).


Le plancton, qu’est-ce que c’est ?

Le plancton, c’est l’ensemble des êtres vivants qui dérivent en pleine eau, au gré des courants. Les organismes du plancton sont souvent minuscules, comme les algues unicellulaires que l’on ne détecte que par la teinte verte qu’elles donnent à l’eau, ou les micro crustacés, à peine visibles à l’œil nu, mais certains peuvent être très grands, comme les méduses. Le plancton représente, pour les animaux fixés au fond, une manne inépuisable, une nourriture toujours renouvelée, qu’ils happent, filtrent ou piègent en permanence. C’est aussi le monde dans lequel naissent et grandissent la plupart des animaux marins : tous -ou presque- passent les premières semaines de leur vie en pleine eau, sous forme de larves planctoniques.
 

Cette méduse (Rhizostoma pulmo)
atteint 50 cm de diamètre
A leur naissance, les larves de poulpe
(Octopus vulgaris) mesurent 2 mn.

 

Et les végétaux ?

Pour vivre, les animaux doivent impérativement consommer de la matière vivante préexistante, animale ou végétale : ils mangent.

Les végétaux, eux, n’ont pas besoin de manger pour croître. Par le processus de la photosynthèse (possible grâce à un pigment, la chlorophylle), les plantes sont en effet capables de fabriquer de la matière vivante avec pour seules matières premières, des éléments minéraux (sels minéraux et gaz carbonique) et de l’énergie (lumière).
 

Les fonds marins sont couverts d'étonnant animaux fixés qui se nourrissent en filtrant l'eau (éponges) ou en capturant des proies planctoniques (anémones de mer).

Se déplacer

l'arraignée de mer (Maja squinado) marche sur le fond comme de nombreux crustacés.Le déplacement, sous la mer, peut avoir deux rôles : accéder, d’une façon ou d’une autre, à sa nourriture, ou échapper à ses ennemis. Sous la mer, grâce aux courants qui transportent les micro-organismes du plancton et toutes sortes de particules comestibles, il n’est pas impératif de se déplacer pour se nourrir, pourvu qu’on soit capable de capter au passage les uns ou les autres. On trouve donc chez les animaux marins tous les intermédiaires entre les espèces à déplacement très rapide, et celles qui ne bougent pas.
Les espèces mobiles se répartissent en animaux nageurs (seiches, poissons, cétacés, tortues de mer…), marcheurs (crabes…), rampants (étoiles de mer, bigorneaux…), et fouisseurs (certains vers et oursins…). Parmi les animaux immobiles, il en est qui vivent fixés à demeure toute leur vie (huîtres, éponges, coraux…) tandis que d’autres sont capables de déplacements restreints pour trouver des points de fixation plus favorables (anémones de mer, moules…).

Respirer

Pour utiliser les éléments nutritifs provenant de leur nourriture, les transformer et les incorporer animal nageur, la seiche (Sépia officinalis) se déplace par des ondulations de ses nageoires mais aussi par une sorte de nage à réaction en projetant un violent jet d'eau par son entonnoir ventral.à leur propre organisme, les êtres vivants ont besoin d’énergie. Cette énergie leur est fournie par l’oxygène, qui est en quelque sorte le combustible de la vie. Voilà pourquoi ils respirent.
Dans la mer, les organes respiratoires les plus sophistiqués sont les branchies, dont la surface très ramifiée (et donc très étendue) est extrêmement fine, ce qui favorise les échanges gazeux entre le sang qui les irrigue et l’eau de mer qui les baigne : l’oxygène passe dans le sang et le gaz carbonique en excès passe dans l’eau. Les branchies existent chez les poissons, mais aussi chez les mollusques (huître, pieuvre,…) ou les crustacés (crevette,…).
Chez nombre d’invertébrés, les organes respiratoires sont nettement plus rudimentaires (par exemple de petites excroissances translucides sur le dos des étoiles de mer), ou totalement absents (comme chez les éponges ou les anémones de mer) ; c’est alors l’ensemble de la surface du corps qui permet les échanges gazeux.

Se reproduire

les anémones bijoux (Corynactis viridis) ont choisi de na pas se déplacer mais leur tentacules venimeux leurs permettent de se défendre et de capturer les petites proies de passage.Certains organismes marins sont capables de se multiplier de façon asexuée, par simple division (protozoaires, certaines anémones), par bourgeonnement (coraux, éponges, bryozoaires) ou bien grâce à d’étonnantes capacités de régénération (vers plats, certaines étoiles de mer).

Tous les animaux, cependant, même s’ils sont capables de multiplication asexuée, pratiquent la reproduction sexuée, qui fait intervenir la fusion de deux gamètes, mâle et femelle, pour former un œuf. les oeufs de la roussette, petit requin de fond, sont accrochés à une algue ou une gorgone. Ici on voit très bien les embryons rosés et la masse jaune de leurs réserves nutritives.Chez les espèces marines, les œufs sont la plupart du temps libérés en pleine eau où ils se développent, éclosent, et donnent naissance à des larves, elles aussi planctoniques.

Transparents, de petite taille, ils sont produits en grand nombre pour compenser la prédation importante qui les attend. Dans certains cas pourtant, ils sont déposés sur le fond (gastéropodes, nudibranches), parfois surveillés par les parents (gobies, blennies, poissons clowns), ou incubés par l’un d’eux (crevettes, crabes, hippocampes), mais les larves, là encore, sont planctoniques.
beaucoup d'animaux marins fixés ou peu mobiles émettent leurs gamètes (cellules sexuelles) en pleine eau où se déroulera la fécondation. Cette photo montre l'émission de sperme chez un mâle de concombre de mer (Holoturia sp).
Les espèces vivipares, qui mettent bas des jeunes semblables aux adultes sont rares en milieu marin. C’est bien sûr le mode de reproduction des mammifères marins, mais aussi de certains requins et raies, et de quelques invertébrés (certaines étoiles ou anémones de mer par exemple).

 

 

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