De
la zone de déferlement des vagues aux grands fonds océaniques, l’environnement
marin varie considérablement. Au-dessus du niveau de l’eau déjà, l’océan
imprime sa marque : là où elles sont soumises aux embruns, les falaises
côtières n’abritent qu’une maigre végétation résistante au sel, avec en
particulier quelques espèces de lichens bien spécifiques ; il en va de
même des dunes littorales, à la flore caractéristique.
Dans la zone des marées, les organismes sont soumis à des émersions périodiques,
et doivent donc être capables de résister au manque d’eau, mais aussi à d’importantes
variations de température, ou de salinité (évaporation, précipitations). Les
rares espèces qui vivent près du niveau de haute mer ont développé diverses adaptations
anatomiques, physiologiques et comportementales pour répondre à des conditions
difficiles.
Dans le bas de la zone des marées, à l’inverse, on rencontre des espèces beaucoup
moins spécialisées, et plus variées : il est connu que les très basses mers de
vive-eau permettent de découvrir des animaux (mais aussi des végétaux) qui restent
normalement immergés en permanence.
Pour ceux qui ne plongent pas, ces très grandes marées sont sans doute (avec
l’aquarium du Musée de la Mer) la seule occasion d’aborder -dans sa frange superficielle-
la zone côtière toujours immergée (ce que les scientifiques appellent l’étage
infralittoral). Les conditions de vie y sont plus constantes, malgré des variations
saisonnières qui sont loin d’être négligeables, et le principal facteur régissant
la répartition des êtres vivants n’est plus l’émersion, mais la lumière (paramètre
fondamental pour les algues), ainsi que le degré d’agitation de l’eau. Le type
de fond joue bien évidemment un rôle considérable lui aussi et la vie marine
est par exemple bien différente entre un fond rocheux et un fond de sable.
Les fonds rocheux
Tout
comme les rivages, les fonds rocheux ont une topographie très variable. En
fonction de la nature de la roche ou de l’exposition à la mer, ils peuvent être
abrupts ou en pente douce, uniformes ou déchiquetés, massifs ou constitués
d’éboulis de blocs plus ou moins gros. En général, les reliefs côtiers se
prolongent plus ou moins sous la mer, dans la meure où le même type de roche
se rencontre de part et d’autre de la surface. Le long des falaises cependant,
il n’est pas rare qu’une sorte de plateau rocheux occupe la zone des marées,
car l’érosion marine attaque préférentiellement le pied de la falaise au
niveau où déferlent les vagues.
Dans un monde en perpétuel mouvement, les fonds rocheux offrent un avantage unique
: ils ne bougent pas… Insensibles aux fureurs de l’océan, ils sont une aubaine
pour ceux qui savent s’y accrocher, et servent de support à une multitude de
plantes et animaux fixés. Dans leur compétition permanente pour l’espace, ces
organismes ne laissent pas un centimètre carré de roche nue, et poussent même
bien souvent les uns sur les autres. Si les algues dominent dans les zones éclairées,
elles sont supplantées sous les surplombs par des animaux, éponges, cnidaires
ou ascidies par exemple.
Les fonds rocheux, et leur couverture vivante, offrent de nombreuses cachettes,
et servent d’abri à toutes sortes de petits animaux. Mais ils attirent également
des prédateurs variés, qui ajoutent encore à la richesse et à la diversité de
cet environnement.
Parlons écologie
Avant d’être une étiquette politique, l’écologie est une science, qui étudie
les relations des êtres vivants avec leur environnement.
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Consommateurs primaires,
les copépodes (1mm) se nourrissent
de micro algues planctoniques.
Ils sont mangés par... |
... les sardines (15 à 25
cm)
qui sont donc consommateurs
secondaires et servent de proies au... |
... loup ou bar (0,5 à 1 m)
consommateur tertiaire,
qui lui même, peut être consommé
par ... l'homme. |
Chaque milieu (biotope) constitue avec l’ensemble des
organismes qui y vivent (biocénose) un système global au sein duquel se
nouent des interactions multiples, l’écosystème. Les écosystèmes sous-marins
sont variés : fonds sableux ou vaseux, superficiels ou profonds, roches éclairées
ou ombreuses, zones calmes ou exposées aux vagues, etc. De plus, les situations
intermédiaires sont fréquentes. Parmi les interactions qui régissent le
fonctionnement des écosystèmes, on peut citer la recherche de la lumière,
la lutte pour l’espace (d’une importance majeure sur les fonds rocheux),
et bien entendu les inéluctables relations alimentaires. Capables de fabriquer
leur propre matière vivante à partir d’éléments minéraux et d’énergie lumineuse,
les végétaux sont à la base du fonctionnement des écosystèmes ; c’est pourquoi
on les nomme producteurs primaires. Les animaux, quant à eux, doivent manger.
S’ils sont végétariens, on les nomme consommateurs primaires ; s’ils se
nourrissent d’animaux herbivores, ce sont des consommateurs secondaires
; s’ils mangent d’autres carnivores enfin, on les appelle consommateurs
tertiaires.
Cet enchaînement de producteurs et consommateurs est habituellement appelé chaîne
alimentaire, mais il est plus juste de parler de réseau alimentaire (ou réseau
trophique), tant les organismes sont nombreux à chaque échelon, et leurs interrelations
complexes. Enfin, pour boucler le cycle, une armée de décomposeurs s’attaque
aux cadavres et aux déchets produits par tous ces organismes, pour aboutir à leur
métabolisation en éléments minéraux, qui pourront être à nouveau utilisés par
les plantes.
Les fonds meubles
Plats
et monotones, sans végétation, les fonds de sable ou de vase paraissent
bien déserts… Ils abritent pourtant une faune étonnamment riche, mais particulièrement
habile dans l’art du camouflage.
Pour se faire discrets, les animaux s’habillent de couleur sable, et certains
sont même capables d’adapter instantanément leur coloration à la teinte du
fond (sole, seiche,…). Beaucoup ont également un corps aplati, et presque tous
sont capables de s’enterrer pour disparaître sous le sédiment. Il existe d’ailleurs
un bon nombre d’espèces fouisseuses, qui n’apparaissent que très rarement à la
surface du sable. Comme tous les déserts qui se respectent, les sables sous-marins
ont parfois leurs oasis : ce sont les herbiers de zostères. Ces prairies sous-marines
peu profondes abritent une faune qui leur est spécifique, mais aussi une flore,
car feuilles et rhizomes peuvent servir de support à diverses espèces d’algues.
Ils servent de nursery pour les jeunes de nombreuses espèces, poissons en particulier.
La pleine eau
Loin
du bord, à des dizaines ou des centaines de mètres du fond, il n’y a nulle
part où se poser… Pour vivre en pleine eau, il faut pouvoir flotter ou
nager en permanence. Certains animaux, comme les méduses, ont un corps
constitué à 98% d’eau, et n’ont que peu d’efforts à faire pour se maintenir
près de la surface ; d’autres organismes, comme les micro algues et micro
crustacés du plancton, sont dotés de larges expansions épineuses ou plumeuses,
qui ralentissent leur chute. A l’autre extrême, des poissons comme les
maquereaux ou les thons sont des nageurs puissants et rapides (le thon
rouge peut dépasser 40 Km/h).
Le second problème qui se pose dans cet univers bleuté qui s’assombrit avec
la profondeur, c’est l’absence de cachette. La plupart des organismes planctoniques
ont résolu la question en jouant la transparence : même à la loupe, ils restent
souvent très difficiles à détecter. L’autre solution, très utilisée chez les
poissons, est de s’habiller d’une livrée argentée, qui reflète le bleu-vert
ambiant ; cette méthode est souvent perfectionnée par l’assombrissement du
dos, qui permet de compenser l’excès de lumière provenant de la surface.
Milieux sous influence
Partout
dans nos campagnes -et a fortiori dans nos villes- l’Homme a marqué les
paysages de son empreinte, et son influence se fait de plus en plus forte
sur l’environnement marin (aménagement du littoral, chalutages abusifs…)
; il a même créé de nouveaux milieux sous-marins spécifiquement liés à ses
activités.
Les ports en sont l’exemple le plus frappant. Dans ces zones abritées par nature,
l’eau ne se renouvelle que très peu ; il n’est donc pas étonnant que les polluants
de toutes sortes s’y accumulent : hydrocarbures, produits toxiques provenant
de la peinture des bateaux, eaux de ruissellement, rejets urbains… Les espèces
marines qui se développent dans ces conditions sont peu nombreuses, et elles
ont bien du mérite ! Malgré tout, les ports sont rarement des déserts, et les
quelques espèces qui arrivent à y vivre s’y rencontrent souvent en grandes
quantités.
La richesse du milieu en sels minéraux permet la prolifération d’algues planctoniques
(d’où la couleur souvent verdâtre de l’eau), qui permet à son tour le développement
de populations denses d’animaux filtreurs (moules, ascidies). Quelques espèces
de poissons résistants profitent également de cette anormale richesse nutritive,
comme par exemple les mulets (ou muges) et les gobies. Dans les ports de pêche,
on peut aussi rencontrer des animaux qui vivent normalement sur les fonds du
large (gros bernard-l’ermite, concombres de mer, pennatules…). Parfois même,
certains semblent y prospérer !
Du galion espagnol au cadre de bicyclette, les épaves sont également des manifestations évidentes
de l’influence humaine. Ce ne sont pourtant, pour la vie marine, que de nouveaux éléments
du décor, qui offrent toute une variété d’habitats supplémentaires : supports
pour les algues et animaux fixés, abris pour les poissons de roche, points
de repère pour les poissons de pleine eau…
Elles sont d’ailleurs très vite colonisées, puis submergées par la vie marine.
Pour leurs locataires, les grandes épaves représentent des refuges d’autant
plus sûrs que les pêcheurs professionnels (chalutiers en particulier) ne peuvent
opérer trop près, sous peine de perdre leur filet.
Qu’est-ce qu’un poisson pélagique
?
On dit qu’un poisson ou un animal aquatique est pélagique
lorsqu’il vit en pleine eau, sans relation avec le fond (thon, sardine, méduse…).
A l’inverse, une espèce benthique vit posée ou fixée sur le fond, ou à sa proximité immédiate.
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