Difficile
de s’y retrouver dans l’extraordinaire diversité des organismes marins ! Les éléments
de classification que nous vous proposons ici ne sont pas exhaustifs, mais
devraient vous permettre de reconnaître les principaux groupes qui peuvent être
rencontrés par les plongeurs, les pêcheurs, ou les simples promeneurs à marée
basse.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de se rappeler que de nombreux êtres
vivants, en particulier dans l’eau, sont minuscules et invisibles à l’œil nu.
Parmi ces « microbes », les plus petits (guère plus d’un millième de millimètre)
sont les bactéries ; ces cellules extrêmement simples se rencontrent pourtant
dans tous les milieux, même les plus inhospitaliers, et jouent un rôle important
dans le monde marin.
Les végétaux les plus élémentaires (algues unicellulaires) et les animaux
les plus simples (protozoaires) sont également constitués d’une seule
cellule, et restent généralement invisibles à l’œil nu.
| les végétaux marins | les éponges | les
cnidaires | les vers | les mollusques | les bryozoaires | les crustacés | les échinodermes | les
tuniciers | les vertébrés |
Les
végétaux marins
Les plantes marines sont, pour la plupart, des algues, végétaux inférieurs
aux tissus peu différenciés. Parmi les algues pluricellulaires, on a l’habitude
de distinguer trois groupes principaux, les algues vertes, brunes et rouges.
Il existe également dans l’océan des plantes supérieures, beaucoup plus différenciées
puisqu’elles possèdent des tiges rampantes (rhizomes), des racines, et des
feuilles à nervures. Tout comme leurs proches cousines terrestres, ces grandes
herbes fleurissent, bien que très discrètement.
L’espèce la plus courante, la grande zostère, forme par endroits de véritables
prairies sous-marines, juste en dessous de la zone des marées.
Algues et plantes supérieures n’ont besoin, pour croître, que de sels minéraux
(présents dans l’eau de mer) et de lumière (ce qui explique qu’elles prospèrent
surtout à proximité de la surface).
Des noms scientifiques...
Au XVIIIème siècle, des naturalistes se préoccupèrent de donner aux animaux
et plantes des noms qui puissent avoir une valeur universelle. Ces noms scientifiques
s’écrivent en latin, et sont constitués de deux parties : le nom de genre (avec
une majuscule) et le nom d’espèce. Le nom scientifique de la daurade est, par
exemple, Sparus aurata. On place dans le même genre des espèces très proches,
telle que le pagre (nommé Sparus pagrus). Des cousins un peu éloignés, comme
les sars (genre Diplodus) ou les pageots (genre Pagellus), font partie de la
même famille, celle des Sparidés, mais de genres différents. Petit à petit,
les scientifiques ont ainsi établi un système de classification, basé sur les
caractéristiques communes, qui regroupe les êtres vivants en familles, ordres,
classes, embranchements...
Plante ou animal ?
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3 |
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1 - Fixé au rocher par une sorte de crampon, incapable de mouvements
volontaires, le codium est une algue verte.
2 - L’anémone de mer est capable de bouger ses tentacules pour capturer
une proie, et la manger : c’est un animal.
3 - Avec son rhizome, ses racines et ses feuilles à nervures, la zostère
est une plante supérieure.
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Les éponges
Les éponges sont des animaux pluricellulaires encore relativement peu structurés,
dont la forme peut être variable, y compris à l’intérieur d’une même espèce.
La différenciation des divers types de cellules est, dans une certaine mesure,
réversible, d’où de remarquables capacités de régénération, voire même de multiplication
asexuée par « bouturage ». Ces animaux vivent fixés au fond, et se nourrissent
en filtrant l’eau.
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éponge arborescente
10-40 cm |
éponge encroûtante
10-40 cm |
éponge mamelonnée
10-20 cm |
Pour les reconnaître :
animaux filtreurs, les éponges sont parsemées de multiples petits trous
(par où l'eau rentre) et de quelques orifices plus grands ou oscules
(par où l'eau ressort).
Les
cnidaires
Ces animaux n’ont que deux couches tissulaires, bien
différenciées, entre lesquelles se trouve une sorte de gelée ; leur corps
est normalement gonflé d’eau, mais peut se rétracter. Tous les Cnidaires
possèdent des cellules urticantes caractéristiques, les cnidocystes (ou
nématocystes).
Classiquement, leur cycle vital fait apparaître une alternance de générations
entre une phase polype (fixée) asexuée et une phase méduse (libre) sexuée.
Dans certains groupes cependant, l’une des deux générations peut disparaître
totalement.
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Hydraire
5 à 10 cm |
Cérianthe
20 à 30 cm |
Anémone
10 cm |
Méduse
30 cm |
Gorgone
20 à 40 cm |
Pour les reconnaître :
à l'exception des méduses, tous les cnidaires possèdent une structure de base
semblable,le polype, sorte de sac dont l'ouverture (la bouche) est entourée d'une
couronne de tentacules. Selon les cas, l'individu est formé d'un seul gros polype
(anémone de mer...)
ou d'une colonie de nombreux polypes minuscules (hydraires, gorgones...).
Chez certains, les polypes fabriquent un squelette sous-jacent.
Les
vers
Les Plathelminthes, ou vers plats sont encore des organismes relativement primitifs.
Ils ont déjà certains organes différenciés, possèdent une bouche, mais pas
d’anus. Ils conservent également d’exceptionnelles capacités de régénération.
Les Annélides, ou vers annelés, sont plus connus. Sous la mer, les plus fréquents
sont les Polychètes, dont chaque anneau porte des expansions latérales garnies
de soies, qui servent à la fois de pattes et de palettes natatoires. On en
connaît des espèces errantes (néréïdes ou « escabènes »), fouisseuses (arénicoles)
et tubicoles (vers à panache ou à filaments, qui s’abritent dans un tube).
Il existe bien d’autres groupes de vers ou animaux apparentés, plus rares,
et difficiles à identifier pour le néophyte.
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Néréide
10 cm |
Vert tubicole à filaments
5 à 10 cm |
Pour les reconnaître :
les Annélides Polychètes ont le corps segmenté et
portent des soies qui servent au déplacement.
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Planaire à papilles
5 cm |
Planaire
3 cm |
Pour les reconnaître :
les Plathelminthes sont allongés et extrêmement aplatis avec deux
protubérances sensorielles à l'avant du corps. Ceux que l'on rencontre
en mer sont souvent de couleurs vives.
Les
mollusques
Ce groupe est composé de cinq classes principales : les Polyplacophores (ou
chitons) dont la coquille est constituée de huit plaques, les Gastéropodes
(de type escargot ou limace), les Lamellibranches (ou bivalves), les Scaphopodes
(dentales) aux allures de défense d’éléphant creuse, et les Céphalopodes (pieuvre,
seiche, calmar…).
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Bivalve (couteau)
15 cm |
Polyplacophore
(chilton)
5 cm |
Céphalopode
(seiche)
20 à 30 cm |
Scaphopode Dentale
5 cm |
Gastéropode
(lièvre des mer)
10 à 20 cm |
Bivalve
(palourde)
5 cm |
Gastéropode
(buccin)
10 cm |
Pour les reconnaître :
tous les mollusques ont en commun un corps mou, doté d'un pied (aplati, adapté au
fouissement ou différencié en "bras" avec des ventouses), d'une cavité palléale
abritant
les branchies et recouvert d'un manteau qui le plus souvent sécrète un coquille
(externe chez la moule ou l'escargot, interne chez la seiche).
Les
bryozoaires
Groupe un peu particulier, les Bryozoaires sont des organismes fixés, à squelette
dur. Ils forment des colonies constituées de nombreuses petites loges (moins
d’un millimètre) contenant chacune un individu doté d’une couronne de tentacules
ciliés. Malgré leur apparence, ce sont des animaux évolués, avec une anatomie
interne assez complexe.
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Bryozoaire foliacé
10 à 20 cm |
Bryozoaire encroûtant
2 à 5 cm |
Pour les reconnaître :
les bryozoaires forment des croûtes ou des petites structures arbustives,
souvent aplaties, dont on peut déceler les logettes à la loupes.
Les
crustacés
Les Crustacés font partie du vaste groupe des Arthropodes, qui comprend également
les insectes et les mille-pattes, ainsi que les Arachnides (araignées, scorpions…)
dont on connaît
quelques représentants marins (Pycnogonides et limules). Ils possèdent une
cuticule externe (carapace), qui couvre le corps jusque dans ses moindres détails,
et leur impose des mues régulières (l’animal abandonne périodiquement sa carapace
pour s’en fabriquer une plus grande).
Ils existent de nombreuses sortes de Crustacés, dont certains sont microscopiques.
Les plus évolués sont les Décapodes, parmi lesquels on classe les homards,
langoustes et crevettes (Macroures), les crabes et araignées de mer (Brachyoures),
et les Bernard l’ermite (Anomoures). Les plus bizarres sont sans doute les
Cirripèdes (balanes et anatifes) au corps profondément modifié par la vie fixée.
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Copépodes
1 à 2 mm |
Cirripède
(Anatife)
3 à 5 cm |
Mysidacé
1 cm |
Amphipode
1 à 2 cm |
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Isopode
3 cm |
Décapode
(Bernard l'ermite)
5 cm |
Décapode
(Crabe araignée)
30 cm |
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Pour les reconnaître :
les crustacés sont les seuls animaux marins (à part quelques Arachnides) à
posséder une carapace, véritable armure et des pattes articulées.
Les échinodermes
Les Echinodermes sont caractérisés par un squelette constitué de plaques calcaires
sous la peau (qui peuvent être soudées entre elles, ou bien réduites à des
spicules, petites épines dispersées sous la peau), une symétrie fondamentale
d’ordre cinq (on pourrait les diviser en cinq parties identiques), et de curieux
tubes à ventouses, les pieds ambulacraires.
On en connaît cinq classes : les oursins (Echinides), les étoiles de
mer (Astérides), les ophiures (Ophiurides), sortes d’étoiles à cinq
bras grêles et épineux rayonnant à partir d’un disque central, les
concombres de mer (Holoturides), et les Crinoïdes (comatules et lys
de mer) aux multiples bras plumeux.
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Oursin
5 cm |
Ophiure
10 cm |
Etoile de mer
10 à 20 cm |
Crinoïde Comatule
10 cm |
Holoturie
20 à 30 cm |
Pour les reconnaître :
On reconnaît les échinodermes à leur symétrie d'ordre cinq, parfois masquée
(concombres de mer...) et/ou à leurs tubes à ventouses
(d'ailleurs sans ventouses chez les comatules ou les ophiures).
Les
tuniciers
Les
Tuniciers, dont on connaît surtout les espèces fixées (ascidies) sont
des animaux filtreurs. Leur structure évoque une bouteille à deux goulots
: une ouverture (siphon inhalant) permet l’entrée d’eau, l’autre (siphon
inhalant) la sortie ; entre les deux une sorte de sac filtrant fait office
de branchies (respiration) et retient également les particules nutritives.
Contredisant les apparences, les Tuniciers figurent parmi les invertébrés
les plus évolués. Leur larve, communément appelée « têtard », possède
en effet -transitoirement- une tige longitudinale rigide, la chorde,
qui préfigure la colonne vertébrale des vertébrés.
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Ascidie coloniale
5 à 20 cm |
Ascidies simples
5 à 20 cm |
Pour les reconnaître :
classiquement, une ascidie est une sorte d'outre (de forme, couleur ou texture
très variable)
dotée de deux orifices, dont l'une est souvent sur le côté. Les formes
coloniales peuvent
ressembler superficiellement à des éponges.
Les
vertébrés
Caractérisés
par la présence d’une colonne vertébrale, les Vertébrés sont les animaux
les plus évolués.
Les Agnathes (lamproies et myxines) sont en quelque sorte des poissons primitifs,
qui ne possèdent pas de mâchoires.
Les poissons proprement dits sont répartis en deux grands groupes.
Les poissons cartilagineux (Chondrichthyens), dont le squelette souple est
fait de cartilage, comprennent les requins, les raies et les chimères.
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Myxine
50 cm |
Lamproie
0,5 à 1 m |
Pour les reconnaître :
les lamproies, Agnathes le plus souvent rencontrés, ont une bouche en ventouse
garnie de dents et sept orifices branchiaux de chaque côté de la tête.
Les poissons osseux actuels (Ostéichthyens) se répartissent entre les Crossoptérigiens
(Coelacanthe), proches des ancêtres des vertébrés terrestres, les Chondrostéens
(esturgeons) et les Téléostéens, qui regroupent plus de 95% des 20 000 espèces
de poissons actuelles, de la sardine au thon, de la murène à la rascasse.
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Requin peau bleue
5 m |
Roussette
1 m |
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Raie pastenague
2 m |
Raie guitare
2 m |
Pour les reconnaître :
les poissons cartilagineux ont en général cinq paires de fentes branchiales,
des nageoire épaisses et rigides et ne possèdent pas d'écaillent mais
des
denticules cutanés, de structure analogue à celle des dents.
Parmi
les Reptiles, groupe qui est apparu et s’est développé sur la terre ferme,
certains sont retournés à la mer, comme les tortues de mer, les serpents
marins et, plus accessoirement, le crocodile marin. Il existe beaucoup
d’Oiseaux dits marins, mais seuls les manchots mènent une vie réellement
aquatique, nageuse, ne retournant à terre que pour se reproduire.
Chez les Mammifères enfin, trois groupes sont eux aussi retournés à la
mer : les Cétacés (baleines et dauphins), très modifiés, les Pinnipèdes
(phoques, morses et otaries), et les Siréniens (lamantins et dugongs).
Tous ces vertébrés terrestres revenus au milieu marin font l’objet
de présentations spécifiques au Musée de la Mer de Biarritz, et un
chapitre spécial leur est consacré plus loin.
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Sardine
25 cm |
Hippocampe
15 cm |
Sole
50 cm |
Tacaud
40 cm |
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Dorade
50 cm |
Rascasse
20 à 40 cm |
Congre
2 m |
Pour les reconnaître :
les poissons osseux ont les branchies protégées par un opercule et n'ont qu'une
paire d'ouies. Les nageoires fines et mobiles sont portées par des rayons.
Lorsqu'elles existent, les écailles osseuses se recouvrent en général comme les tuiles d'un toit.
Requin ou dauphin ?
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Requin citron
(Negaprion brevirostris) |
Dauphin souffleur
(Tursiops truncatus) |
Le requin est un poisson. Il respire par des branchies (fentes branchiales
visibles). Sa queue verticale bat de gauche à droite.
Le dauphin est un mammifère. Il respire de l’air par ses poumons (évent sur
le dessus de la tête). Il a une queue horizontale, qui bat de bas en haut.
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