Biarritz et l'océan : la géologie


Visite géologique

la côte basqueSur 5 km de côte, trois niveaux sédimentaires se succèdent comme les couches d’un mille-feuille que l’on verrait par la tranche.
De la Chambre d’Amour à la Plage Miramar, on rencontre des falaises abruptes de calcaires marneux et gréseux, grisâtres, dont les couches forment une légère cuvette (synclinal). Riches en fossiles, operculines en particulier, ces roches datent de 25 MA (Oligocène supérieur).


De l’hôtel du Palais à la Villa Belza, autour du Musée de la Mer, la côte est déchiquetée avec de nombreux îlots rocheux. Les couches de calcaire gréseux jaune ocre, nettement inclinées (30 à 45°) car elles ont subi d’importants bouleversements lors de la genèse des Pyrénées, sont âgées de quelque 35 MA environ (Oligocène inférieur). Ces roches sont caractérisées par une incroyable abondance de nummulites qui, par endroit, s’agglomèrent et leur donne leur aspect tourmenté.le Rocher de la Vierge


Au virage de la Villa Belza, une faille met brusquement en contact des couches d’âge différent, d’où un changement de décor. Jusqu’à Illbarritz, la falaise de la Côte des Basques est désormais rectiligne et les marnes grises ou bleues qui la constituent, très argileuses, sont ravinées par l’érosion. Agées de 40 à 50 MA (Eocène supérieur et moyen), ces marnes sont riches en fossiles, nummulites en particulier.


Enfin, la zone qui s’étend de la Villa Marbella à Illbarritz est un véritable casse-tête pour les géologues, en particulier au niveau des rochers de Peyre Blanque. On retrouve là des calcaires compacts à nummulites et des marnes à orbitolines correspondant à la série sédimentaire normale (50 MA environ), mêlés à un imbroglio de lignites argileuses provenant d’une forêt fossilisée du Pliocène (5 MA), de calcaires roses ou noirs et d’argiles bariolées du Secondaire (60 à 150 MA), et d’ophite, une roche volcanique encore énigmatique.

Sous les assauts marins

Si Biarritz doit son prestige à sa remarquable côte rocheuse, la ville paye cependant un lourd tribut pour l’entretien de ses falaises, qui subissent les assauts conjugués des intempéries et de la mer.


Les infiltrations pluviales, la dégradation de surface des roches tendres sous l’action des agents atmosphériques, et l’érosion marine en pied de falaise se conjuguent pour faire reculer la ligne de rivage, avec des succès divers selon les endroits. Ainsi, les roches du Cap Saint-Martin résistent plutôt bien aux coups de boutoir de l’océan, mais sont fragilisées par les eaux pluviales qui y creusent des réseaux de cavités.

Les calcaires gréseux qui environnent le Musée de la Mer ne cèdent que lentement à l’érosion marine, à l’exception de quelques importants sapements de base qui ont nécessité un colmatage. La falaise de la Côte des Basques, enfin, est constituée de marnes argileuses instables, qui ont nécessité d’importants travaux de confortement et de stabilisation.

Les fossiles de Biarritz

la vitrine des fossiles du Musée de la MerLes très nombreux fossiles que le géologue amateur, ou le simple promeneur, peut rencontrer en bord de mer attestent sans ambiguïté de l’origine marine des falaises de Biarritz. Parmi eux, deux groupes dominent largement, et présentent chacun des intérêts bien particuliers pour les géologues.





Les nummulites

Ce sont les formes fossiles les plus fréquentes, et les plus faciles à découvrir Exemples de nummulites fossiles. La structure interne spiralée n'est généralement visible qu'en coupe.pour le néophyte. Sortes de petits disques calcaires aux allures de lentilles, elles appartiennent au groupe des Foraminifères. Leur abondance dans les roches du début du Tertiaire (Paléogène) est telle qu’on nomme parfois cette période « Nummulitique ». Par leur abondance, par leur évolution rapide (variations de taille, de forme, d’organisation interne…), les nummulites sont précieuses pour l’identification et la datation des couches sédimentaires : ce sont d’excellents fossiles stratigraphiques.
 

Les oursins fossiles

le squelette des oursins est constitué de plaques soudées sur lesquelles des tubercules servent de base à des piquants mobiles, les radioles. Chez les oursins dit réguliers (Cidaridé actuel) plaques et piquants sont disposés autour de 5 axes rayonnants.Ils constituent l’une des richesses paléontologiques des falaises de Biarritz. On en a dénombré plus de 110 espèces différentes ! Les collections du Musée de la Mer, très représentatives de la diversité de ce groupe, constituent encore aujourd’hui une référence pour les scientifiques.Les oursins dits irréguliers (Spantangidé actuel) sont des animaux fournisseurs qui se font différenciés des précédents en s'aplatissant ou en s'allongeant : leurs piquants sont réduits ou absents.


Mauvais fossiles stratigraphiques (ils évoluent peu dans le temps), les oursins sont plutôt des fossiles de faciès (indicateurs de certains environnements). Il est en effet aisé de reconnaître des formes fouisseuses (indicatrices de fonds meubles), des formes herbivores adaptées à la vie près de la surface, etc.


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