Les tortues de mer sont
les seuls reptiles marins présents sur nos côtes.
Ce
sont des animaux extrêmement bien adaptés à la vie en pleine mer.
Malgré leur spécialisation très poussée, les tortues en général conservent
des caractères très primitifs : leur groupe, âgé de 200 millions d’années,
est directement issu des premiers reptiles apparus sur terre.
Les premières tortues menaient sans doute une vie semi aquatique dans les
marais, comme le font encore nombre d’espèces actuelles, mais certaines étaient
déjà manifestement adaptées à la vie en haute mer il y a 70 millions d’années.
Retour à la terre : l’épreuve
Aussi bien adaptées soient-elles au milieu marin, les tortues de mer doivent
revenir à terre pour se reproduire. La sortie de l’eau, le creusement du sable,
la ponte d’une centaine d’œufs, le camouflage du nid, puis le retour à la mer,
coûtent aux femelles des heures d’efforts considérables, calvaire qui se renouvelle
5 à 8 fois par période de ponte.
Du déroulement de cette phase critique dépend souvent la survie des différentes
espèces de tortues marines. S’ils sont mal enterrés, les œufs sont la proie
des prédateurs (dont l’homme fait malheureusement partie). A leur naissance,
les petites tortues n’ont guère un meilleur sort, car elles doivent subir les
assauts des rapaces et oiseaux de mer, puis des prédateurs sous-marins.
L’urbanisation et l’exploitation touristique des plages font également peser
de graves menaces sur certaines espèces.
Toutes ces raisons ont poussé la communauté internationale à se préoccuper
sérieusement de leur préservation : actuellement, toutes les tortues de mer
bénéficient de mesures de protection internationales.
La tortue Luth
Nageuse infatigable, la tortue Luth (Dermochelys coriacea) se rencontre
dans tous les océans tropicaux, mais pénètre également dans les zones tempérées
en suivant les courants « chauds ».
Sur nos côtes, elle se rencontre dans le golfe de Gascogne, et n’est pas
rare en Charente ; elle peut remonter jusqu’en Bretagne, en Angleterre
et même en Hollande.
Il est difficile de dire si son aspect antédiluvien, sa carapace faite de plaques
séparées et recouverte d’un cuir épais, sont des signes d’archaïsme ou marquent
au contraire une adaptation poussée à la vie océanique.
Cette géante de 2,40 m (pour 500 kg et 3 m d’envergure !) est en tout cas
une tortue de mer à part ; les scientifiques ont créé une famille (les
Dermochélydés) pour elle toute seule !
Vertébré à « sang froid », et donc à métabolisme de base très réduit, elle
est capable de rester des heures sous l’eau sans respirer. Elle aurait été observée à 1000
m de profondeur ! Autre originalité, elle semble se nourrir principalement
de méduses…
La tortue Luth au
Musée de la Mer
Cette
tortue Luth mâle s’est prise dans des filets à l’île d’Oléron en septembre
1936. Arrivée à Biarritz cinq jours après sa capture, elle était encore
vivante ; placée dans un grand bassin, elle mourut cependant deux jours
plus tard.
Le moulage d’origine en plâtre a été refait en résine pour être suspendu ;
le plastron ventral, non moulé au départ, a du être sculpté.
Longueur totale : 1,83 m (dont 1,49 m de carapace) ; longueur du membre
antérieur
: 94 cm ; poids approximatif : 350 kg.
La tortue Caouanne
Plus courante que la tortue Luth, la Caouanne ou Carette (Caretta caretta)
est également une espèce surtout tropicale et subtropicale.
Elle peut se rencontrer le long des côtes européennes, le plus souvent en été.
Dans le golfe de Gascogne et plus au nord, on rencontre essentiellement des
jeunes immatures, qui dépassent rarement 50 cm ; les adultes atteignent 1,40
m (dont 1,10 m de carapace).
Cette espèce de pleine mer peut se rapprocher des côtes. Elle abandonne alors
son régime alimentaire habituel (méduses, salpes,…) pour consommer des organismes
du fond : crabes, oursins, coquillages et céphalopodes.
Comme toutes les tortues marines, elle est protégée par la convention de
Washington, et ne peut être ni capturée, ni commercialisée. Le Musée de
la Mer recueille et soigne les individus échoués, et bénéficie d’une dérogation
pour les présenter au public.
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