Les animaux marins : Les pinnipèdes

Pour s’adapter au milieu aquatique, acquérir une forme hydrodynamique, limiter les déperditions de chaleur, lutter contre la pression des profondeurs, supporter des apnées parfois très longues, les ancêtres des Pinnipèdes ont dû développer des spécialisations parfois étonnantes.

Un corps fait pour l’eau

Se propulsant par des battements de ses membres postérieurs palmés, ce phoque gris (Halichoerus grypus) fait preuve d'une remarquable aisance sous marine.La forme arrondie et la réduction des membres des Pinnipèdes ont pour effet de minimiser la surface du corps par rapport à son volume.

Les pertes caloriques sont ainsi réduites, de même que la résistance aux déplacements.

Tous les Pinnipèdes possèdent une couche de graisse sous-cutanée, le pannicule adipeux, pouvant atteindre 10 cm d’épaisseur chez certaines espèces.

Le pelage est perméable à l’eau (sauf chez les otaries à fourrure) mais sa structure particulière lui permet de garder le corps au chaud, à la manière des combinaisons de plongée.


Des spécialisations anatomiques et physiologiques

La transformation des membres en « nageoires » est sans doute l’adaptation anatomique la plus évidente des pinnipèdes, mais elle est loin d’être la seule.

Les narines sont normalement fermées au repos et leur ouverture est un acte volontaire ; leur forme est telle que la pression de l’eau renforce leur étanchéité.

Lorsque l’animal ouvre sa bouche sous l’eau, les voies respiratoires et digestives sont fermées grâce à des muscles puissants.

Pour éviter leur écrasement sous les fortes pressions des profondeurs, les ramifications les plus fines des poumons sont renforcées de cartilage ou de fibres musculaires.

Les Pinnipèdes ont un volume sanguin très important, doublé d’une forte capacité de fixation de l’oxygène au niveau des globules rouges.

Le phoque de Weddell, par exemple, a proportionnellement deux fois plus de sang qu’un homme, et ce sang contient sept fois plus d’oxygène ! Durant la plongée, la circulation sanguine se modifie en se concentrant sur les organes vitaux (cerveau en particulier), tandis que les zones périphériques sont très peu irriguées.

Phoques de France

Okéra, femelle de phoque gris.Seules deux espèces de phoques sont couramment présentes sur les côtes françaises et, très occasionnellement dans le golfe de Gascogne.

Le Phoque gris (Halichoerus grypus) se reconnaît à son long museau plat, convexe chez le mâle adulte.
La coloration est variable, avec des tâches, généralement claires chez le mâle, sombres chez la femelle.
La taille va de 2 m (femelles) à plus de 3 m (mâles), pour un poids de 125 à 290 kg.

Le phoque gris peut réaliser des apnées de près de 20 mn, et descendre à 140 m. Il se nourrit essentiellement de poissons, ainsi que de mollusques et de crustacés. Il se rencontre dans l’Atlantique nord, surtout sur les côtes rocheuses découpées. Une petite population se maintient en Bretagne.

Dans le golfe de Gascogne, en hiver surtout, on signale régulièrement des jeunes de 2 à 3 mois, sans doute égarés à la suite de tempêtes.

Les phoques du Musée ont ainsi été recueillis très jeunes, après avoir été retrouvés épuisés sur le rivage.