Remarquablement adaptés au milieu
marin,
les Cétacés actuels sont l’aboutissement d’une évolution de plus de 40 millions
d’années ;
ils sont dans la mer « comme des poissons dans l’eau ».
Torpilles vivantes
Pour faciliter leur pénétration dans l’eau, les Cétacés ont acquis un corps
fusiforme ; les narines (ou évents) ont migré sur le dessus de la tête pour
leur permettre de respirer sans perte de vitesse. 
Les membres antérieurs transformés en nageoires servent à maintenir l’équilibre
et à contrôler la direction. La queue, musculeuse, est élargie en une palette
qui bat verticalement (contrairement aux poissons) ; c’est elle qui propulse
les Cétacés, à des vitesses parfois stupéfiantes (55 Km/h chez l’orque
!).
L’aileron dorsal fait office de stabilisateur, comme la quille d’un navire.
La peau, souple et lisse, est constituée d’un épiderme superficiel élastique,
doublé d’un derme qui comprend à la fois une couche de graisse et de fines
papilles qui pénètrent dans l’épiderme. Grâce à cette structure très particulière,
la peau peut se déformer sous la pression, absorbant tous les micro tourbillons
qui se forment à sa surface.
Des expériences ont montré qu’un dauphin vivant offre ainsi 10 fois moins
de résistance dans l’eau qu’un modèle artificiel équivalent !
Plongeurs hors pair
Les Cétacés n’ont pas, proportionnellement, des poumons beaucoup plus développés
que les nôtres, mais ils les utilisent de façon plus efficace : à chaque inspiration,
80 à 90% de l’air qu’ils contiennent est renouvelé, contre 10 à 20% chez les
mammifères terrestres.
Ces capacités respiratoires leur permettent de plonger pendant plusieurs
minutes pour les dauphins de petite taille, et jusqu’à 1 h 30 pour le Cachalot.
Les Cétacés ont une température interne de 36 à 37°C, qu’ils peuvent maintenir
grâce à une épaisse couche de graisse.
Pour conserver cette température quand celle de l’eau change, ou pendant
les efforts importants, ils modifient la circulation sanguine dans les
nageoires, seules parties du corps dépourvues de lard, où peuvent se faire
les échanges thermiques avec l’eau qui les environne.
Le squelette des Cétacés
N’ayant
pas à soutenir le poids de l’animal, le squelette des Cétacés est relativement
léger (15 à 20% du poids total), et fragile. Les os sont constitués d’une
matrice spongieuse contenant une moelle très grasse, enrobée d’une pellicule
plus compacte.
Les cétacés possèdent un grand nombre de vertèbres. La région cervicale est
généralement très raccourcie (vertèbres « télescopées ») afin d’éviter que
la tête ne ballotte pendant la nage.
Les régions lombaire et caudale sont en revanche bien développées, avec des
vertèbres dotées de grandes apophyses, zones d’ancrage des puissants muscles
natatoires qui actionnent la nageoire caudale.
Les membres antérieurs, réduits, ont une main bien développée, mais noyée
dans un tissu fibreux qui en fait une palette rigide. La seule articulation
du membre se situe au niveau de l’épaule. Les membres postérieurs sont
absents, bien que des vestiges du bassin subsistent chez certaines espèces.
Un véritable sonar
Pour
s’orienter, les Cétacés émettent des séries de sons (les « clic » d’écholocation),
dont une partie est réfléchie par les obstacles ; l’analyse de ces retours
sonores leur donne en quelque sorte une image acoustique de leur environnement.
Selon la précision recherchée, la fréquence et la périodicité des sons émis
varient. Ce système extrêmement performant fournit des informations très
fines : il permet par exemple de faire la distinction entre un poisson
mort et un poisson vivant, ou même entre deux métaux différents !
Mais les émissions sonores ont également un rôle de communication, parfois à des
distances considérables, comme l’attestent les mystérieux chants des baleines.
Dents et fanons
Les Odontocètes sont des carnassiers ; ils utilisent leurs dents pour saisir
leurs proies, mais non pour les mastiquer. Certains, comme les dauphins communs,
vivent et chassent en bandes, d’autres sont solitaires. Ils consomment toutes
sortes de poissons, céphalopodes, crustacés, et pour certains, des mammifères
ou des oiseaux. De nombreux Odontocètes ont une préférence quasi-exclusive
pour les calmars.
Les Mysticètes, eux, sont équipés pour récolter le plancton et les petits organismes
de pleine eau. Leur bouche gigantesque engouffre d’énormes quantités d’eau,
qui sont ensuite expulsées à travers des sortes de peignes touffus, les fanons
; les proies retenues sont alors avalées.
On distingue deux façons majeures de se nourrir chez les Mysticètes. Les
baleines franches nagent lentement sous la surface, la bouche ouverte ;
ces « écrémeurs » récoltent essentiellement des petits crustacés planctoniques.
Les rorquals et le mégaptère, quant à eux, sont des engouffreurs : ils
nagent plus vite, et avalent d’énormes « bouchées » d’eau, avec toutes
les proies qui s’y trouvent.
Cette méthode leur permet de s’attaquer aux bancs de petits poissons, et
non plus seulement aux crustacés peu mobiles. La baleine grise, enfin,
est la seule à s’alimenter en creusant et filtrant le sable et la vase
du fond.
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