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  Accueil Actualités Liste des actus de 2006 Frans Hals : 10 ans déjà ! Les naufrages au Pays Basque
 
Les naufrages au Pays Basque
 

Frans HalsIl y a 10 ans, le 20 novembre 1996, le chalutier usine ukrainien le « Frans Hals » s’échouait sur la grande plage de Biarritz, suite à la rupture de son câble de remorque. Ce navire de 4000 tonnes et destiné à la ferraille, mesurait 103 m de long et 12m de hauteur. Il était remorqué depuis le port russe Mourmansk à destination de Bilbao. Suite à un problème de dialogue entre les officiers russes et les autorités portuaires espagnoles, le 19 novembre 1996, le convoi ne peut entrer dans le port de Bilbao et doit repartir cap au large. Cependant un bulletin météo annonce un coup de vent avec rafales pouvant atteindre 70 nœuds (soit 130 km/h) et des creux de plus de 8 mètres. Dans la nuit, le câble de remorque casse, le chalutier se trouve rapidement dans une situation dramatique et dérive vers la côte basque sans que les 5 hommes d’équipage puissent agir. Il s’échoue quelques heures plus tard, sur la plage de Biarritz sans se fracasser sur les rochers. Pour le sortir, il faut attendre de grands coefficients. Pendant ce temps les équipes spécialisées dans les opérations de renflouage interviennent : les 70 000 l de gazole sont extraits, les brèches du navire sont en partie colmatées, les fonds sont repérés afin trouver une passe praticable évitant la Roche Ronde et la Roche Plate. On allège l’avant du bateau, en injectant de l’air dans les ballasts et on leste l’arrière afin de faciliter son pivotement. Pour le tracter, on ceinture le bateau de chaînes, 15 tonnes seront nécessaires.

Quelques heures avant l’opération, bulldozers et pelleteuses creusent une souille de 2 à 3 m de profondeur autour du navire qui est ensablé de plus 1m80.  Tiré par 3 remorqueurs avec à son bord 10 hommes pour la manœuvre, le Frans Hals est dégagé le 13 décembre, après une manœuvre délicate. Il sera resté échoué 24 jours.
Le navire flotte avec une gîte importante et son arrière s’enfonce. Les autorités décident de le diriger vers la fosse de Capbreton afin de l’y saborder ou océaniser.

Le commandant du Frans Hals qui avait parcouru les océans du nord de la Russie, traversé des tempêtes de l’Océan Pacifique et de l’Océan Indien n’avait jamais vu de tempête telle que celle qu’il a essuyé  le 20 novembre 1996.

 

Le golfe de Gascogne ou de Biscaye a toujours été un endroit réputé dangereux pour la navigation en raison des tempêtes et des courants qui s’y développent parfois brutalement.  Les vents dominants d’ouest balaient tout ce qui flotte du Cap Ortegal en Galice à la côte basque. Les tempêtes d’ouest virent ensuite au nord ouest. Elles prennent alors leur pleine puissance avec des vents qui accélèrent leur vitesse jusqu’à 130 km/h sans obstacle depuis la Bretagne. L’océan peut se creuser de 9 à 12 m et autrefois peu de navires pouvaient résister, ce qui se terminait par des disparitions ou des échouages. Les navires en perdition sont rabattus par les vents vers la côte basque ou le sud des landes qui offrent alors peu de refuge aux bateaux en détresse.

 

Il y a toujours eu des naufrages sur la côte basque, mais on ne dispose de données écrites qu’à partir de la fin du XVI e siècle.

L'Invinsible ArmadaLe 30 juillet 1588, les galères de l’Invincible Armada constituée par l’Espagne pour attaquer l’Angleterre, essuient une violente tempête dans le golfe de Gascogne. Parmi elles, l’escadre portugaise composée de 5 navires, plutôt faits pour les mers du sud, est particulièrement malmenée. Une des galères la « Bazana » d’environ 300 tonneaux, possédant un armement de 5 canons en bronze, avec à bord 26 hommes d’équipages, 46 soldats et des galériens, cherche à se réfugier dans l’embouchure de l’Adour, alors située à Vieux Boucau. Mais elle est rabattue vers la côte au niveau du port de Bayonne et s’échoue sur le haut fond dit des Esclaves.

Au début du XVIIème, l’escadre de Viscaye constituée de 9 navires est chargée de surveiller la côte nord de l’Espagne. Alors qu’ils faisaient route de Lisbonne vers Pasajes pour y hiverner ils ont été pris après avoir dépassé la Corogne par une violente tempête. 4 galions d’environ 700 tonneaux « San Pedro y Santa Ana », La Bella Estefania » « San Esteben » et «  Santa Ursula » ont alors été rabattus sur la côte à la barre de Bidart respectivement les 30 décembre 1606, le 1er janvier 1607 et le 4 janvier 1607. Dans l’esprit des gens en ce début du XVII siècle, ces naufrages où périrent 232 hommes et où 71 canons de bronze ont été perdus, ne pouvaient être causés que par des sorcières, seules capables de lever de telles tempêtes.

Galion de 1607Au XVIII siècle plus de 14 naufrages ont été décrits. Parmi eux on note celui de l ’Aventurier, frégate de 160 tonneaux, construite à Bayonne, équipée de 16 canons avec 159 hommes d’équipage. Elle est armée pour la course ou guerre des corsaires et sombre à la sortie du port de Bayonne, à la hauteur de la basse de Chouroubiage, sur un haut fond de 45 m à environ 2 milles de Biarritz.

La pêche paie aussi un lourd tribut à la mer. Les morutiers « Notre Dame de Bayonne » « Les Trois amis » et « la Providence » ont fait naufrage et se sont échoués sur la côte basque alors qu’ils revenaient des campagnes de pêche au large de Terre Neuve.

Au XIXème siècle, plus de 20 navires ayant fait naufrage sur la côte basque ont été identifiés. Certains furent plus dramatiques que d’autres mais tous sont émouvants.

Le 9 juin 1856, le 3 mats « la Perle » quitte Bordeaux pour faire du cabotage jusqu’à saint Jean de Luz. Dans la nuit du 16 au 17 juin, il est pris par une tempête, se brise et coule devant Guéthary avec les 14 hommes de l’équipage.

L'OrphelinLe 19 novembre 1882, le brick « l’orphelin », d’une longueur de 31 m, venant du port de Nantes essaie de trouver refuge au port des pêcheurs de Biarritz. Peu manoeuvrant il est entraîné vers les rochers et se trouve en travers du chenal. Les sauveteurs ne parviennent pas à saisir ma bouée attachée à un filin et envoient le chien de l’un d’eux, un épagneul champion de chasse aux oiseaux aquatiques, saisir le filin. Le chien réussit ce qui a permis d’établir un va et vient entre le navire et la côte et ainsi de sauver la vie de l’équipage.

Le 17 novembre 1893, le sloop « La Surprise » quitte le port de Bayonne pour rejoindre Londres, avec 5 hommes à bord. Malgré un avis de tempête imminente,  il prend la mer. Deux jours plus tard, le navire est repoussé à la côte par les vents et obligé de mouiller dans les brisants à l’extrémité des jetées du Rocher de la Vierge de Biarritz. En raison de la tempête l’ancre glissait et le navire se rapprochait des rochers où il s’écrasa dans l’après midi du 19 novembre sous l’action d’une vague particulièrement forte. Les embarcations de sauvetage ne pouvant pas sortir et les sauveteurs n’ayant pas réussi à lancer une amarre, l’équipage se noya sous les yeux des sauveteurs. Le rocher prendra par la suite le nom de surprise et on peut y voir une croix en fer scellée en souvenir.

Suite à ce naufrage particulièrement éprouvant, la Société de sauvetage décida de s’équiper d’un canon lance amarre.

Le 3 avril 1897, le brick au long cours « Emile » venant de Bordeaux et allant à Cayenne, subit une avarie devant la barre de l’Adour. Il est pris en remorque par le vapeur Boucau pour être mis à l’abri dans la baie de saint Jean de Luz.  Sous les coups de boutoirs de la houle, la remorque casse. Le remorqueur recueille les 8 hommes d’équipages. Dans la nuit, le brick, drossé sur les rochers, se fracasse et coule aussitôt.

Durant le XX siècle, il y eut moins de naufrage sur les côtes françaises et surtout moins de victimes. Cela s’explique par une meilleure fiabilité des navires, des moyens de positionnement et de communications plus performants ainsi qu’une meilleure organisation des secours. Sur la côte basque on recense le naufrage de 12 navires et de 3 avions.

PadosaLe 27 décembre 1902, le chalutier « l’Union » s’approchant trop des côtes, touche le fond et percute la roche du Boucalot près du Rocher de la Vierge. La majorité de l’équipage a pu être sauvée par les sauveteurs de Biarritz, et le navire a coulé en 10 mn.

Le trois mats suédois, la Padosa, magnifique voilier de 60 m de long, de 860 tonneaux, avec 11 marins, est pris par un violent ouragan dans le golfe de Gascogne. Faisant de l’eau et ne devenant plus maniable, le capitaine décide de se laisser échouer vers la côte la plus proche. La Padosa dérive pendant 3 jours et le 14 décembre 1907 se fracasse à 600 m de la plage, sur la Roche Plate qui était rendue invisible par la mer déchaînée. En raison de  la mer démontée, à la lumière de grands feux établis sur la plage, le sauvetage de l’équipage est très périlleux et 3 marins ne purent être sauvés. Les jours suivants la grande plage de Biarritz était couverte des morceaux d’épave de la Padosa.

MaroonLe 17 décembre 1910, le vapeur charbonnier Maroom, de 1509 tonneaux,  en provenance de Glasgow est victime d’une avarie alors qu’il se prépare à passer la barre de l’Adour. Il est rapidement déporté devant Biarritz et mouille l’ancre à moins d’un demi mille de la Roche Plate. Un fort vent commence à souffler et l’état de la mer n’autorise aucune tentative de sauvetage par le remorqueur de la Chambre de Commerce, ni par le canot de sauvetage de Socoa. L’amarre lancée avec le canon porte-amarre permet d’établir un va et vient et l’équipage peut quitter le navire qui dérive vers la Chambre d’amour où il s’échoue.

Le 5 décembre 1923 le voilier espagnol « Celta-Zumaya » s’échoue dans la nuit sur la côte basque. 3 des 6 hommes d’équipage ont pu être sauvés par les maîtres baigneurs, le Capitaine parvient à nager jusqu’à la plage. Le bilan reste lourd avec la perte de 2 marins.

KnebworthLe 20 janvier 1930, le vapeur charbonnier anglais le « Knebworth », dans l’attente de la marée pour rentrer au port de Bayonne, mouille au large. Une violente bourrasque entraîne ce navire de 100 m de long et 14m de large, au sud de la pointe du phare de Biarritz, et il se fracasse sur le rocher de la Frégate, Grâce au va et vient établi, 8 hommes d’équipage sur 16 sont sauvés, les autres restés sur l’épave seront récupérés le lendemain par le bateau de sauvetage. Un marin s’est noyé durant ce naufrage. L’hélice du Knebworth renflouée par des plongeurs biarrots est visible à l’entrée du port des pêcheurs rappelant ce moment tragique.

Le 7 mai 1960, le morutier espagnol le « Cruz Segundo » mesurant 33 m de long et 7 m de large, quitte le port de Bayonne. Vraisemblablement suite à la rupture d’un câble d’arrimage, il prend de la gîte et le feu se déclare à bord. En peu de temps le navire coule. La majorité de l’équipage est sauvé par des navires pêchant à proximité.

Malgré le grand nombre de naufrages sur la côte basque, il reste peu d’épaves car elles sont rapidement démantelées par la houle qui agit en véritable rouleau compresseur jusqu’à 30 m de profondeur.

Le dernier naufrage spectaculaire et sans perte humaine, a été celui du cargo grec « Capetan Tzannis » le 12 octobre 1997. En attente devant le port de Bayonne, il a chassé sur son ancre lors d’une énorme tempête et s’est échoué sur la plage d’Anglet. Le navire a pu être renfloué sans dommages par des remorqueurs bayonnais.

Capetan Tzannis

Le denier navire de pêche échoué est le « Révolution » de Saint Jean le Luz. Après une nuit de pêche à la sardine et au maquereau, il s’est échoué sur le plateau rocheux à l’entrée du port de Saint Jean de Luz, le 18 janvier 2001.

Révolution

 

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