Cette éponge, aussi grosse qu’une tête d’homme adulte est entièrement fossilisée. Elle a été trouvée par Jacques BELLAY, dans une petite grotte située dans la falaise d’une plage de Biarritz.
Cette éponge géante se situait dans les étages du BARTONIEN (nom provenant du secteur de Barton en Angleterre) et qui font parte du niveau LUTETIEN que l’on retrouve dans le Bassin parisien. La présence d’éponges géantes signifie qu’à cette époque la température de l’eau était plus élevée qu’actuellement. 
Les éponges sont des animaux pluricellulaires, encore peu structurés et de forme variable. Ces animaux filtreurs sont fixés sur support par un pied. De cet animal au corps mou, il peut rester un moulage très précis, s’il est pris dans un laps de temps court par des sédiments. En effet, quand l’animal meurt, toutes les parties « molles » seront détruites en premier, les parties dures mettent plus de temps à disparaître. Il faut cependant un recouvrement rapide par des sédiments ce qui entraîne un appauvrissement de l’air et freine ou arrête la décomposition; il ne faut pas de prédateurs ou de mouvements (marée, vague, vent …) qui empêchent le démarrage du processus de fossilisation. La composition chimique du milieu peut également jouer un rôle défavorable, ainsi la solubilité du carbonate de calcium est accélérée dans l’eau de mer. En conséquence, peu d’organismes auront la chance de nous parvenir du fond du passé.
Selon jacques BELLAY, « il peut se produire qu’une telle éponge se fixe dans un creux de roche et nous en avons un exemple rarissime. En effet, cette éponge plus étirée en hauteur d’environ 40 cm, s’est trouvée recouverte de sédiments et enfermée en quelque sorte dans un moule où sa chair a disparu. Par la suite, une fissure a dû se produire dans la roche et c’est ainsi que s’est écoulé dans le creux formé, un filet de liquide siliceux qui a moulé l’éponge par l’intérieur, la recréant ainsi en dur de la même manière que l’on fabrique des sculptures en cire dite perdu. A en voir de petits prolongements par endroits désignant des pousses sur cette éponge, l’on peut en déduire qu’elle a été ainsi moulée au printemps, un beau jour entre 43 et 45 millions d’années. L’éponge dont le moulage a été photographié devait mesurer 60 cm de diamètre. Il s’agit là d’une découverte exceptionnelle que j’ai faite il y a quelques années ». |